The Host
Une jeune fille disparait. Un monstre marin de la taille d'un camion citerne l'a enlevée après avoir massacré une cinquantaine de braves habitants de Seoul venus se détendre sur les berges de la rivière Han. La jeune fille n'a aucune chance, mais sa famille de loosers en a décidé autrement. La chasse au monstre est ouverte !
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C’est l’histoire d’un type qui se pointe à la Quinzaine des réalisateurs les mains dans les poches et le sourire aux
lèvres. La salle est comble. Il est déjà tard, mais beaucoup ont eu l’occasion
de faire la sieste pendant l’un ou l’autre « chef d’œuvre » assommant
offert peut-être sciemment par le comité de sélection . S’il y a autant de monde assis
et le double qui attend debout à l’extérieur, c’est que le type en question n’est autre
que Bong Joon-Ho, réalisateur coréen
du très remarqué Memories of Murder (grand prix du festival du film policier de
Cognac en 2004) venu présenter en avant première mondiale son deuxième film
The Host. Après de courtes excuses regardant
les effets spéciaux pas tout à fait terminés du film, le type s’en va et le feu
d’artifice commence… directement !
The Host démarre
vite et verticalement pour ne retomber que 119 minutes plus tard sur un public
conscient qu’il vient de vivre « un truc » auquel il ne s’attendait
pas, même après Memories of Murders
qui s’inscrivait dans un style radicalement différent (le polar) pourtant traité avec le même ton en passe de devenir la
marque de fabrique indélébile du réalisateur. Avec son humour frais, absurde et
novateur mélangé à une émotion toute réaliste qui vous fait autant rire que
pleurer, on a l’impression que Bong Joon-Ho peut vous faire avaler n’importe
quel genre à sa sauce avec la promesse que vous en redemanderez. The
Host est effectivement un film de genre, un film de monstre avec une créature
conçue par WETA Workshop (Lord of The
Rings) et tout, mais c’est aussi une des deux plus grosses productions
coréennes de l’année, parfaitement maîtrisée, croisement inédit entre le film d’auteur
et le divertissement pur.
Côté acteurs, on retrouve la majorité des têtes de Memories of Murder, une famille de
pitres en parfaite symbiose avec la dynamique d’un scénario en constant
décalage. Côté créature, c’est un véritable choc visuel qui impose le respect
surtout après avoir été prévenu du caractère inachevé de certains effets qui font
déjà passer Pirates of the Carribean
pour un beau brouillon sur Photoshop ! En Corée, il y a encore des
réalisateurs qui ne sacrifient pas toutes leurs convictions sur l’autel du
blockbuster, voilà pourquoi The Host
est divertissant, mais évite tout effet débilisant en restant ouvert à la deuxième
lecture qui épingle jusque dans le titre l’ingérence des USA sur le territoire
coréen (bases militaires, Zones d’essais « scientifiques »,
etc) ou l’incompétence des autorités étatiques (déjà soulignée dans Memories of
Murder) dans la gestion des phénomènes engendrant une peur massive.
Le film nous en dit également un peu plus sur les obsessions de son réalisateur
qui nous ressert une histoire de jeune fille enlevée pour le pire (dans Memories,
le monstre était un assassin pervers et sans visage) et d’anti-héro(s),
icône de la loose attitude, qui sort grandi et purifié des flammes d’un
drame profond, peut-être intimement personnel pour Bong joon-ho.
The Host confirme
assurément le talent de son cinéaste et le condamne quasi-mathématiquement à
nous décevoir un jour alors ne vous privez pas de ce moment de plaisir vierge d’un
parcours sans faute.


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