THE DEARS: Gang of Losers
Que les Dears trouvent la consécration avec leur tout récent Gang of Losers semble relever de la plus pure fantaisie… Non que
l’effort manque de qualités. Bien au contraire. Parlons plutôt de préméditation dans ce titre humble s’il en
est (quoi que…), tant il apparaît évident qu’avec cette nouvelle plaque, le
plus anglais des groupes canadiens semble, à valeur au moins égale, naviguer à
cent lieues des Coldplay, Keane et autres groupes pop-rock à succès.
S’écartant volontairement d’une pop évidente et fédératrice,
le groupe semble de plus en plus vouloir s’adresser tout autant aux tripes qu’au
cœur de ses auditeurs. Et ce que leurs prestations scéniques nous avaient fait
entrevoir, n’en est que plus clair à l’écoute de ce troisième disque : les
Dears veulent sonner plus live, plus dense, plus cru, …plus rock
finalement ! Cela ne sied que mieux à leur propos, à savoir proposer une
musique tout à la fois sombre et hautement mélodique. Jugez-en plutôt par quelques-uns
de leurs titres : Hate Then Love, Fear Made The World Go Round, Death Or Life We Want You. Pas jojo.
Dans la foulée, sans perdre de son incroyable sens du
lyrisme, Murray S. Lightburn, (forte) tête pensante du sextuor, s’affirme plus
que jamais en tant qu’individualité. À un point tel que les éternelles
comparaisons vocales avec Morrissey (surtout) et Damon Albarn (quelquefois) qui
prévalaient sur No Cities Left (leur effort précédent) semblent
tout simplement ne plus avoir cours. Sans
se prendre les pieds dans le tapis, Lightburn ose désormais endosser le rôle du
songwriter capable de chanter « no one should have to live all of our life
on our own » sans pour autant sonner « Bono-esque ». Classe.
Tout aussi remarquables, les quelques incursions réussies du
groupe vers des territoires inexplorés auparavant dans leur répertoire : Whites
Only Party invite des guitares « countrysantes », Ballad Of Humankindness s’essaye aux boîtes à rythme. De quoi en
somme parier sur l’avenir de cette bande de losers…
S’il est fort à craindre que Gang of Losers n’ouvrira pas aux
Dears les portes du grand public, il confirmera au minimum au fil des écoutes
tout le bien qu’on pensait d’eux… Amateurs de musique vraie, tenez bon, vous
avez entre les mains un joyau de pop moderne !


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