PETER, BJORN & JOHN: Young Folks (single)
Il y a quelques semaines, une
bonne âme – elle avait bien entendu sa petite idée derrière la tête – nous
présenta Young Folks. Coup de foudre. Accro au bout de trente
secondes. Cet air, depuis, on l'a écouté n'importe où (à la maison, dans
l'auto, sur la plage), n'importe quand (au saut du lit, au cœur de la nuit), sous
n'importe quel prétexte (parce qu'on avait la pêche, le cafard, une insomnie,
rien de mieux à faire) et dans les circonstances les plus diverses (son
amoureuse sur les genoux, le nez dans ses cheveux ; en se goinfrant, ivre mort,
de chips au paprika ; pendant qu'on se brossait les dents ou qu'on réchauffait
un vieux reste de cassoulet). Généreux, nous fîmes tourner ; une large frange
de notre entourage souffre aujourd'hui d'une addiction similaire.
Malgré des dizaines d'écoute,
mettre le doigt sur ce qui, dans ledit morceau, électrise à ce point demeure pourtant
un exercice délicat… Est-ce sa batterie guillerette, sa basse punchy,
cet orgue qui emballe le tout avec classe et discrétion ? Les bongos
cascadeurs qui déboulent à mi-chemin, cette mélodie indélébile sifflotée
dans le lointain ? Ou la nonchalance canaille avec laquelle Peter Morén et
Victoria Bergsman (prêtée par les Concretes) se donnent la réplique,
tels deux amants qui, au sortir d'une grasse mâtinée, joueraient, encore
assoupis, à « faire comme si on était Lee Hazlewood & Nancy Sinatra » ?
Une chose, néanmoins, est certaine : née petit tube de l'été, la chanson finira
grand classique. Car l'automne a beau pointer son nez morveux : pour ces 4
minutes 36 secondes, toujours, toujours la même oreille enamourée.
Le clip de Young Folks


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