SPARKLEHORSE: Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain

Biiip Sparklehorse Biiip Origine la Virginie
terre peuplée de fantômes Bouuhhhh Biiip Groupe rock indé fondamental de la
dernière décennie Biiip  Quatre faits d'armes seulement  Snif Biiip. Une tête pensante Bong Biiip Mark Linkous Biiiip Miraculé au bord du
suicide en 1997 suite à l'ingurgitation de trop de bonbons roses Gloup Biiip
Pression des maisons de disque oblige Pez Biiip Nombreuses collaborations
notamment avec Thom Yorke, Tom Waits et PJ Harvey  Grrrr Biiip Les gens heureux n'ont pas
d'histoires Biiip Stop changeons de fréquence.

Placer des inserts radio obsédants entre les morceaux est
une spécialité made in Sparklehorse. L'effet
en est saisissant lorsqu'il s'agit de résumer leurs 10 ans de carrière. Les nombreuses impressions de concerts
et de chroniques défilant en boucle sans arrêt, découvrir du nouveau matériel
devient salutaire.

L'heure est maintenant venue de rêver pendant des années lumières dans
le ventre d'une montagne. L'auditeur préparé sait qu'une dizaine
d'écoutes attentives est nécessaire avant d'avoir esgourdisé
l'ensemble.

Bonne nouvelle, le cheval pétille toujours. Il reste
pourtant harnaché à ses fondamentaux : ballades folk extraordinairement
efficaces entrecoupées de quelques grosses productions rock n roll que tous les
concours mondiaux de air guitar pourraient revisiter. Vous savez, les rencontres entre mimes Marceau de la six
cordes ayant pour terrain d'entraînement leur salle de bain. On ne se moque
pas ! Tout le monde y est passé et s'est senti mieux après.

Indispensable aussi dans le schéma global est l'envie de
plonger l'auditeur dans une dépression profonde. Morning Hollow et Dreamt For
Light Years In The Belly Of  A Mountain
sont des édifices gaudiens de
tristesse qui à eux seuls feraient passer Berlin de Lou Reed pour un album des Polyphonic Spree.

Et pour se faire pardonner de sa contribution au trou de la
sécu, Mark Linkous sait également
draguer vers la sentimentalité exacerbée mais éminemment curative  avec Some
Sweet Days
et Mountains.

En 12 morceaux, l'air de rien, on a fait un tour complet de
la palette des sentiments humains sans s'en être rendu compte. Amour, joie,
désespoir et rédemption. Qui dit mieux ?

Certains évolutionnaires retors pourraient prétendre que le
son n'a pas bougé depuis le premier acte Vivadixiesubmarinetransmissionplot (titre d'album le plus bizarre de ces dernières années). Est-ce si
important franchement? Renvoyons les d'ailleurs à leurs études en leur
prenant un rendez-vous en 1996 avec James Hetfield, beau bébé chanteur à la barbe filandreuse de Metallica après la sortie de l'OVNI musical Load. Du genre,
j'ai foutu mon groupe en l'air en essayant de plaire à de nouveaux fans… Ils
ont intérêt à courir vite !

Et puis même, évolution 
il y a eu. Les bricolages Lo-Fi fréquemment utilisés auparavant ont
quasiment disparu. Comme manifeste des traces du passé, on ne retiendra que le
changement de rythme brutal sur Don't
Take My Sunshine Away
 
ou le solo bruit d'abeille piégée dans une
bouteille de grenadine  sur Knives Of Summertime. Ca allège certes
le propos mais cela enlève un peu à l'ensemble son caractère atypique. 

Sparklehorse surprend rarement. C'est vrai. Mais ils pourraient continuer comme ça encore
pendant dix ans qu'ils en demeureraient toujours essentiels. En matière de rock, on
a connu tellement de montagnes qui accouchaient d'une souris, que de voir
simplement  en sortir le cheval sur
lequel on avait misé est une vraie jouissance…

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