El Laberinto del Fauno
Espagne, 1944. Fin de la guerre.
Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste.
La jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie jusqu’au jour où elle fait la découverte d’un mystérieux labyrinthe gardé par une créature étrange et démoniaque…
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Après le semi échec d'Hellboy,
Guillermo Del Toro (Cronos, L'échine du diable, Blade II, Mimic) tourne en espagnol
el laberinto del fauno co-produit par Alfonso Cuaron (Y tu mama
tambien, Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, Children of Men). Del Toro ne
quitte pas le registre du fantastique et revient dans un contexte historique qu'il
a déjà mis en scène dans L'échine du Diable et Cronos à savoir l'Espagne
militarisée des années 40 concentrée ici dans le personnage de Sergi Lopez (Harry, un ami qui vous veut du bien). Un
salaud. Un facho. Un militaire sans cœur.
Ce conte noir peut faire penser à divers univers de Tim
Burton (Sleepy Hollow) aux Frères Polish (Northfork) en passant par le Labyrinthe de Jim Henson, influence
majeure du sympathique réalisateur mexicain qui nous rappelle que tous les gros
barbus à lunette ne sont pas à noyer dans le même sac que le vilain Moore (après
Michael Moore, le sac est plein de toute façon). Mais bouboule a une patte
(velue, griffue, mais sans sabot). Porky a une sensibilité filmique qui lui
permet de livrer un film touchant et personnel. Gras double a désormais un
joyau dans sa filmographie qui envoie les ninos médisants de son enfance sucer
des cactus derrière leur caravane.
Tout est classique. Chaque stéréotype est posé, filmé et mis
en valeur. L'image partage la royauté de l'histoire avec la jeune Ivana Baquero (11 ans) tellement plus
attachante que cette génération d'acteurs robotiques calquée sur Haey Joel Osment (The 6th Sense, A.I) comme
les enfants clones du village des damnés. Graphiquement et psychanalytiquement
beau, le film est également un récit dans lequel il faut embarquer sous peine
de passer les deux heures qui suivent à regretter cet essai pakistanais sur l'exil
qui vous a fait de l'œil dans les pages des Cahiers du Cinéma.
Aucun code n'est oublié, mais le moindre cliché est une
brique jaune d'un sentier commun aux histoires féériques. Celles qui sont
racontées depuis la nuit des temps pour rendre compte des actes les plus cruels
de l'humanité. Quand Disney décide de faire du conte la matière première de sa
déferlante de films pour enfants, il ne se rend pas compte qu'il transforme la
sève en miel et que des dessins-animés comme Peter pan, Cendrillon ou bien entendu Alice au Pays des Merveilles
dénatureront à jamais l'imaginaire collectif. Tim Burton (ex Disney pourtant) a
récupéré la saveur tantôt salée, tantôt métallique à cette substance qu'on nous
avait tartinée jusqu'à l'écœurement, mais Guillermo Del Toro y ajoute la
couleur du sang tout en conservant le regard vierge de l'enfant.
Le Labyrinthe de Pan est une ode à l'imaginaire dans un contexte dur et réaliste. C'est un
film fait de bric et de broc, loin de l'informatique que son réalisateur
maîtrise pourtant parfaitement. A travers ses images hypnotiques, il apporte
les bienfaits de l'enivrement sans l'odeur de vomi qui va souvent avec et profitant
de l'absence du compositeur Dany Elfman
pour ne pas agacer nos oreilles de fées clochettes planquées dans chaque
partition.
Une oeuvre murie pendant 20 ans qui méritait amplement le tapis rouge du dernier
festival de Cannes, mais qui n'est peut-être pas assez « bon » genre
pour y remporter un prix.


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