Of Montreal: Hissing Fauna, Are You The Destroyer?

Dans
la grande série des groupes au nom d'endroit dont ils ne proviennent pas du
tout, Of Montreal est un groupe
américain issu du collectif Elephant Six
(Neutral Milk Hotel, The Olivia Tremor Control, The Apples In Stereo). Leur nom
viendrait simplement du fait qu'un des membres se soit tapé une montréalaise un
moment (c'est beau l'amour…). Depuis 1997,
ces faux hockeyeurs ont sorti huit albums, belle performance qui
promet des soirées bien remplies à celui qui accroche à une pop en constante
évolution. Pop indé tarabiscotée portée par Kevin Barnes, chanteur et âme du
groupe. Le genre de gars qui se peint des petits dessins sur la figure avant de
monter sur scène (le reste du temps ça ne nous regarde pas) et qui porte à
l'occasion des fringues à rendre jaloux Jake Shears des Scissor Sisters.

Musicalement,
on se croirait par moments plongés au beau milieu d'une comédie musicale made
in Broadway, kitschissime comme en raffolent les amerlocs (sommet du genre
atteint par Of Montreal sur l'album Coquelicot Asleep In The Poppies).
Le piano est omniprésent (voir saoulant), le chanteur (on pense plus d'une fois
au David Fisher de Six Feet Under dans son trip chorale gay) raconte plus une
histoire qu'il ne chante. Autant vous dire que la touche next de notre lecteur CD chauffe régulièrement à la recherche des
morceaux vraiment pop et nettement moins pompeux dont les Of Montreal ont le
bon goût de parsemer chaque album. 

En
2004, Satanic Panic In The Attic,
nettement plus rock et contemporain au niveau de la production, marque une
évolution salvatrice pour un groupe qui commençait gentiment à tourner en rond.
Nouveau son qui fait, et on ne s'en plaindra pas, ressortir le côté psychédélique
de leur musique.

Evolution
confirmée sur ce Hissing Fauna, Are You the Destroyer? qui, tout en s'inscrivant
dans la lignée de son prédécesseur, fait la part belle aux sonorités
électroniques (en témoignent le très discu-dance A Sentence Of Sorts In
Kongsvinger
ou Gronlandic Edit qui lorgne vers LCD Soundsystem). Plus question de
piano aux mélodies fleuries, le synthé est dans la place. Si ça dérape un
peu de temps en temps – on pense à Heimdalsgate Like A Promethean Curse,
plus Jean-Luc Fonck que James Murphy – l'album se révèle de plus en plus
jouissif au fil des écoutes. Mention spéciale à l'aérien Cato As A Pun et à The
Past Is A Grotesque Animal
, pièce tendue, épique qui nous laisse la
bave aux lèvres au bout de 12 minutes.

 

                                          Heimdalsgate Like A Promethean Curse

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