Fantastic Four : Rise of the Silver Surfer

Reed et Sue vont se marier et la presse New Yorkaise est en émoi devant le Baxter Building. En pleine cérémonie, un invité d'une autre galaxie fait son apparition. Ce surfeur d'argent a fait le déplacement pour détruire la terre, mais les 4 fantastiques sont heureusement là pour l'arrêter, même s'ils doivent pour ça, unir leurs forces à celles de leur ennemi juré, Viktor Von Doom, revenu du royaume des morts…

Aussi loin que je me souvienne. A l'école. Chez le dentiste. Dans le
métro. Être accro aux comic books n'a jamais été cool. Toutes ces BD accumulées
dans des collections sans fin doivent normalement se limiter à construire cette
étape essentielle qui vous fait entrer dans l'âge adulte. Bizarrement, le moment où vous
cachez vos figurines dans le grenier et remplacez ces kilos de papier bariolé
par de vrais bouquins dans les rayonnages apparents de votre bibliothèque a
longtemps inconsciemment coïncidé avec l'instant où vous faites entrer votre
première copine dans votre appart… pour prendre un dernier verre. Quand le
facteur cinéma est entré en jeu, Quand ces types respectés qui s'appellent Tim
Burton, Ang Lee, Sam Raimi ou Bryan Singer se sont mis à adapter des comics sur
grand écran – comment vous dire – grâce au cinéma, les choses ont commencé à changer.
Lentement, mais inexorablement, les greniers se sont vidés en douceur et on est
presque arrivé au scénario parfait, celui qui ne peut exister que dans une BD à
épisodes mensuels qui vous ballade depuis 40 ans. Votre moment. Vous traînez
dans un bar, emballez une fille en étalant votre culture nerd qui a,
paradoxalement, pris une odeur de gingembre. Une fragrance que n'ont pas les
discussions sur le sport, les boulots minables dans la banque du coin ou les
voyages friqués financés par un papa médecin. Vous la ramenez dans votre squat.
Musique d'ambiance. Vin rouge. Le temps d'enfiler votre peignoir de satin dans
la pièce d'à côté et vous retrouvez la belle effleurant doucement l'un des
précieux manuscrits… sauf que cette fois, vous ne tremblez pas. Vous ne poussez
aucun cri. Pas de : TOUCHE PAS CONNASSE ! POSE TON VERRE ! NE L'APPROCHE
PAS DE LA COUVERTURE. REMETS CETTE BD DANS SON FILM PLASTIQUE ! TOUT DE
SUITE ! Rien. Son respect vous relaxe complètement. Pas de cascade dans
les escaliers après l'avoir traînée par les cheveux sur le palier.  Pas d'agents de police
chez vous le lendemain à l'heure du déjeuner. Juste le calme, la musique douce et cette fille qui vous demande : « Hey ! Ne me dis pas
que c'est le Spiderman dans lequel Gwen Stacy est tuée  par le Bouffon
Vert? »  « Pas Spiderman ma belle, The Amazing Spiderman numéro
121. 1973 baby. Première édition. » Sa remarque approximative est
pardonnée quand vous vous rendez compte que votre réponse a l'effet d'un « Sésame,
Ouvre toi » sur son anatomie délicate. Vous l'entendez presque penser : « J'ai
lu que ça faisait mal ou que c'était super bon suivant les personnes, mais j'ai
tout essayé sauf ça alors autant que ce soit avec un type qui connaît la date
de décès de Gwen Stacy. Je me demande si j'ai pensé à assortir mes
sous-vêtements….» Vous êtes un super hér… BANG ! Votre tête a heurté un objet dur ou aussi contondant
qu'un SPIDER-MAN 3 ou un FANTASTIC FOUR : RISE OF THE SILVER SURFER et c'est
comme si le réveil avait sonné. Cet instant, celui qui devenait possible, n'arrivera
jamais ailleurs que dans vos rêves de geek les plus attardés. Ce que le 7e
Art donne, le 7e Art le reprend et il est déjà l'heure de faire à nouveau de
la place dans les greniers. Plus de place pour plus de boîtes servant à caser, en sus des BD, les dvd devenus désormais tout aussi
honteux. Qu'est-ce que ce baratin a à voir avec une chronique du deuxième
épisode des aventures des 4 fantastiques au cinéma ? Tout. Absolument tout. Marvel
se casse la gueule et Stan Lee devient complètement sénile à valider des plantages pareils ! Aujourd'hui, aller voir des films de super-héros au ciné,
ce n'est plus du tout cool. Et si les studios n'investissaient pas encore des
centaines de millions de dollars dans ces adaptations, on pourrait croire que
ça ne l'a jamais été.

Le premier FANTASTIC FOUR était débile. Trop léger. Jamais drôle, mais qui insiste toujours pour faire rire au risque de devenir lourd. Embarrassant. Le
deuxième est encore plus con avec les mêmes intentions et quelques effets spéciaux plus réussis c'est
vrai, mais hey, laissez moi étayer mon propos. Si vous êtes amateur de cascades, allez-vous
afficher un poster d'Erik Estrada sur votre cheminée juste parce que tous les
épisodes de CHiPs débutent par un carambolage sur l'autoroute ? RISE OF
THE SILVER SURFER, c'est du CHiPs pour les amateurs de comics. Le film cumule
les pires jeux d'acteurs avec les répliques prétendument drôles les plus honteuses
de l'histoire du cinéma de divertissement. Ajoutez au crash un scénario vide comme
la cervelle de Jessica Alba et vous êtes encore loin du compte. La cochonne n'impressionne plus que par son volume
labial. Une bouche de moule ridée comparable à celle de Kerry Washington qui
incarne la pire aveugle qu'on ait filmée depuis Sushmita Mukherjee sans l'excuse du Bollywood pour la couvrir. Les deux nanas ont même des dialogues
ensembles pour renforcer le sinistre tellement global qu'il n'aurait pas pu être rattrapé, même si une
scène de jacuzzi lesbienne entre les deux femmes avait été ajoutée au scénario… L'attention accordée à quelques
effets élaborés ne justifie pas l'absence de direction des acteurs qui en font des caisses (même Michael Chiklis que je vénère pourtant dans THE SHIELD). Ce genre d'exemption
n'est accordée qu'aux films de boules qui se matent à la télécommande. Avance rapide
qu'il faudrait réserver à ce RISE OF THE SILVER SURFER entre les scènes d'action si ce n'était pas une façon involontaire de vous conseiller l'achat du DVD… et soyons réalistes, personne n'aurait d'avantage
à ce qu'une petite amie potentielle tombe sur ce genre de pièce à conviction
chez vous, n'est-ce pas ? Vraiment, mater des films de super-héros, ce n'est plus du tout cool…

C'est vrai, la promo du film a été impressionnante (billboard 3D sur Hollywood boulevard et relooking du London Eye, cadre d'une scène d'action XXL du film, etc), le résultat
le sera tout autant si vous avez 8 ans ou si vos parents, loin dans l'avancement
de Parkinson, vous ont régulièrement bercé près du mur quand vous étiez bébé…
Dans tous les autres cas, il n'y a vraiment rien à voir !

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