28 Weeks Later
6 mois après qu'un virus ait converti la population anglaise en créatures assoiffées de sang, le pays est progressivement repeuplé sous la vigilance extrême de l'armée américaine. Don a survécu à l'épidémie, mais il n'a
pas réussi à sauver Alice, sa femme. Lorsque ses enfants, Andy et Tammy, reviennent d'un voyage scolaire à l'étranger, ces derniers retrouvent un père rongé par le remord. Elle court, elle court, la maladie d'amour. Elle cavale vite et elle tue. Don et sa famille vont en faire les frais… encore une fois !
Danny Boyle et Alex Garland confient la suite de leur
efficace 28 DAYS LATER à l'espagnol Juan Carlos Fresnadillo (INTACTO) qui
apporte la touche indispensable pour faire de 28 WEEKS LATER autre chose qu'un nouvel
ersatz du film de zombies. Autre chose qu'une simple séquelle aussi. Si le clan
Boyle reste omniprésent, il n'apporte au film qu'un sentiment de cohérence avec
l'univers déjà bien installé dans le premier opus. Le réalisateur de
TRAINSPOTTING reste aux commandes de la seconde équipe de tournage et il impose
également ses acteurs parmi lesquels Robert Carlyle (TRAINSPOTTING, THE BEACH)
et Rose Byrne (SUNSHINE) font figure de porte étendard pour la production.
Soudé à leur flanc, le reste du casting (dans lequel on compte aussi Harold
Perrineau, l'insupportable Michael de LOST) fait bloc pour soutenir une
histoire qui tire toute sa force des codes disparates du genre. Parce que si le
scénario fait inévitablement son marché chez George Romero (NIGHT OF THE LIVING
DEAD), il ratisse également le rayon des classiques marqués aussi bien du sceau
ibérique cher au réalisateur (THE LIVING DEAD AT MANCHESTER MORGUE – 1974) que
de la patte british qui n'a jamais été aussi griffue que dans SHAUN OF THE DEAD
(2004). Côté réalisation, l'influence du clip et du jeu vidéo n'est pas en
reste et comme c'était déjà le cas pour 28 DAYS LATER, c'est de la vitamine
pour le film souvent survolté. S'il y a bien une leçon tirée de la franchise
RESIDENT EVIL, c'est d'admettre que la réussite des jeux vidéos vient de leur
utilisation intelligente des codes intégrés dans une mythologie propre, alors
que les films se sont bêtement limités à l'emploi exclusif de cette mythologie ludique
sans jamais repartir de la base qui a inspiré les jeux. Faire un film de
zombies, c'est comme réaliser un film de pirates. L'originalité est permise,
mais il y a des passages obligés. Le reste relève du talent de composition et 28
WEEKS LATER s'approprie plus ces éléments comme les ingrédients d'une recette
que comme des aliments prêts à la consommation. De ce fait, le résultat à la
saveur individuelle d'un plat cuisiné qu'on préfèrera aux « pita de
trottoir » brutalement régurgitées que le cinéma de genre nous a souvent
obligé à remanger. Tant que je suis dans la fraîcheur des détails post
alimentaires, je signale que ces lignes sont rédigées en supposant que vous
êtes, comme moi, incommodés par les odeurs d'excréments et relativement
réfractaires aux situations publiques d'embarras. Voilà pourquoi je vous
déconseille d'aller voir 28 WEEKS LATER avec votre délicate moitié ou un débile
dont vous avez la charge pour l'une ou l'autre raison sociale ou lucrative.
Entre l'haletante scène d'ouverture (oh
shit, oh shit, oh shit) et la tension qui plombe la séquence infrarouge dans
les entrailles abandonnées du métro londonien, il y a plus d'une occasion de
faire dans son froc.
Gore, rapide et tendu, 28 WEEKS LATER reprend toutes les
qualités de 28 DAYS. Il inscrit son action dans des environnements tantôt
ruraux, tantôt urbains, toujours crédibles grâce à un recours minimum aux
constructions numériques. Comme son prédécesseur, le film mesure d'ailleurs l'impact
de ses décors réels entièrement dépeuplés pour les besoins du tournage
(traversée du London Bridge à mobylette, survol du London Eye désert, etc.).
Côté récit, les thèmes de la famille ou de l'occupation militaire étrangère
sont abordés sans lourdeurs tout comme l'évolution de la mythologie du virus
qui s'appuie sur une logique juste assez documentée (pas de grosses
explications capilotractées en laboratoire) pour soutenir la trame du récit. La
narration file ainsi un rythme effréné qui ne laisse que peu de place aux compromis. Depuis le traitement surprenant du personnage de Carlyle jusqu'au sort réservé
aux protagonistes principaux, on est souvent percuté par ce survival parfois
proche de l'attentat épileptique certes, mais qui arrive malgré tout à installer une
ambiance poisseuse qui vous engluera la rétine longtemps après l'épilogue.
Sensation utile vu l'ouverture de ce dernier sur un 28 MONTHS LATER à priori
inévitable, mais désormais attendu !

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