Death Sentence
Carrière réussie. Vie de famille comblée. Nick
Hume est heureux et particulièrement fier de son fils aîné, Brendan, qui va malheureusement
se faire plomber par un gang sous les yeux du papa… Lorsque le coupable de ce
meurtre gratuit est relâché, Nick cherche à se venger à l'ancienne, mais il ne
parvient qu'à attirer sur sa famille la foudre du gang. Nick est seul contre
tous, mais il n'a plus rien à perdre. Il est décidé à liquider tout le monde !
DEATH SENTENCE n'est autre qu'un remake à peine
déguisé du célèbre DEATH WISH immortalisé par la moustache sévère de Charles
Bronson en 1974. Gageons, qu'à l'instar du presque aussi raté THE BRAVE ONE, cette
nouvelle variation du roman de Brian Garfield sera rapidement reléguée aux
oubliettes. Cache humide que le réalisateur de SAW n'aurait jamais du quitter. Car
si SAW, premier du nom, a su récolter quelques lauriers d'un scénario pourtant
honteusement scolaire, DEATH SENTENCE n'a pas de papier similaire comme diplôme et il souffre des mêmes tares cinématographiques que le
premier film de James Wan. Musique potache. Premier degré auto-suffisant.
Dialogues effarants. Troubles désagréables de la mise en scène et mauvaise
balance des personnages qui entraîne la surcharge d'un côté (le rôle saturé de
Kevin Bacon) et le vide éthéré de la plupart des autres pantins qui
participent à la pantalonnade à grands renforts de caricatures plus ou moins
inspirées. On se croirait revenus en plein THE CROW, mais à l'inverse du film d'Alex
Proyas qui consacrait un comic book, genre ultra codé, DEATH SENTENCE veut nous
faire avaler une violence urbaine réaliste. Une vision cynique de notre société
moderne truffée d'armes à feu. Un regard ridicule surtout.
D'ellipses en trous noirs, Kevin Bacon (MYSTIC
RIVER) enchaîne les séquences greffées grossièrement les unes aux autres. Comment
tirer mieux d'un script trop persuadé de toucher les sentiments de l'audience
avec quelques grimaces d'un acteur connu qui doit se contenter de faire le mauvais oeil ou
d'avoir mal ? Quand les grosses ficelles font des nœuds, elles deviennent
un piège involontaire et trébucher dans cet imbroglio de clichés, c'est atterrir dans
des scènes étudiées de flinguasse pour cowboys ou dans une cascade improbable à
la fin d'un plan séquence relativement éprouvant à défaut d'impressionner. pan
pan. boum boum et motherfucker sont autant d'occasions pour Wan de refaire
joujou avec les maquillages gores et les prothèses qu'il affectionne et qui constituent
finalement le seul réalisme du film. La comparaison avec THE BRAVE ONE ne se limite pas au bon flic noir qui n'a rien à faire dans l'histoire, mais qui coûte en métrage de péloche (comme dans SAW hein, c'est pareil), elle s'étend
au message pro vendetta véhiculé par DEATH SENTENCE. Si message il y a, il
faudra aussi se souvenir que les mexicains sont tous de violents enculés, même
ceux qui ont John Goodman comme papa et tant pis si le gros copain du BIG LEBOWSKI préfère
généralement les hamburgers. C'est surtout un gros méchant qui n'en est pas à sa première faute de casting et qui n'aime pas ses enfants. Voilà pourquoi comme tous
les mangeurs de cactus, il mérite la peine de mort par la loi du talion,
un point c'est tout ! Banal et beaucoup trop entendu pour réellement constituer le pamphlet social d'un réalisateur plus convaincu que convaincant, DEATH
SENTENCE renferme une brutalité indéniable en termes d'action, mais il se perd dans une mise en
scène amateure et un scénario qui déraille. On ne peut pas vraiment parler de régression dans la
filmographie de James Wan, mais cette mise à mort servira peut-être à réveiller
un public béotien. Ceux-là même qui dormaient déjà à la sortie de SAW, qui sont responsables d'un succès volé qui nous inflige encore ses séquelles pourries aujourd'hui et qu'il faudrait tout doucement arrêter de prendre pour des jambons…


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