Dead Meadow: Old Growth

Mine de rien, cela fait déjà presque dix ans que Dead Meadow prêche la bonne parole psychédélique sous forte
influence seventies. A la sortie de son premier album, le bien nommé Dead Meadow, le groupe de Washington fut
présenté comme le digne héritier de Black
Sabbath
, en raison de la noirceur et de la lourdeur des riffs que l'on
aurait juré avoir été composés par Tony Iommi. Cette référence un peu trop
évidente avait hélas tendance à occulter un talent inné pour torcher des
chansons aux longs et jouissifs accents psychédéliques durant lesquelles
l'auditeur se trouve littéralement pris dans une avalanche de fuzz.

Depuis lors, Dead Meadow n'a cessé d'évoluer tout en proposant ce même
cocktail détonnant de psychédélisme et de stoner. Cette évolution continue
débouche aujourd'hui sur Old Growth, le cinquième album du
band et le plus accessible de tous. A l'image de la pochette, le trio a décidé
de faire entrer un brin de lumière dans sa musique habituellement si noire.
Sans trahir son identité, les compositions de Dead Meadow apparaissent plus
« légères », presque nonchalantes. Les déluges de fuzz, si fréquents
auparavant, se font à doses homéopathiques, comme en témoigne Ain't Got Nothing (To Go Wrong) qui, avec
ses quasi sept minutes, demeure la chanson la plus longue de l'album. 

Fait nouveau, le groupe va même jusqu'à utiliser la guitare acoustique
de manière plus systématique. Celle-ci, doublée à la voix de Jason Simon, donne
le sentiment d'écouter le fameux Howl
du Black Rebel Motorcycle Club (Down Here, Either Way). Quant à Seven
Seers
et The Queen Of All Returns,
ils renvoient à Friends et Four Sticks, deux excellents classiques
mineurs de Led Zeppelin.

Loin
de ces références un peu trop appuyées, Dead Meadow se fend surtout de deux
moments d'anthologie : ‘Till Kingdom
Come
, avec son groove impressionnant et son solo apocalyptique, s'impose
comme le morceau le plus sombre de l'album, tandis que I'm Gone démontre le talent du groupe pour écrire des titres pop
imparables.

Avec Old Growth, Dead Meadow
signe un album plaisant. On ne peut ceci dit 
s'empêcher de s'interroger sur ces compositions plus
« accessibles » : volonté artistique ou désir d'élargir son
public ? Bien que ces deux aspects ne soient pas diamétralement opposés, Old Growth risque bien de diviser les
fans hardcore, dont les tympans sont accros aux déluges de fuzz. Considérations
somme toute futiles : malgré l'absence relative de déflagrations sonores,
la puissance du groupe reste bel et bien réelle.

 

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