Girls in Hawaii: Plan Your Escape

From Here to There : avec le recul, on se dit que
le titre du premier essai de Girls in
Hawaii
était peut-être prémonitoire. Des premières démos bricolées par Lionel
et Antoine sur leur Dream Machine aux
scènes des plus grands festivals européens, vu d'ici, le chemin parcouru en
quelques années par les Brabançons a quelque chose de vertigineux. De
remarquable aussi, car de sa sincérité et de sa simplicité, le projet ne semble
rien avoir perdu, malgré ces cinq années de succès sans cesse croissant qui, on
n'en doute pas, auraient fait tourner la tête à plus d'un. Non décidément Girls
in Hawaii n'est pas Ghinzu.

De par cet
atout charme, le groupe fait immanquablement penser à l'un de ses parrains
musicaux : les New-yorkais de Nada
Surf
. Si l'univers des Américains reste plus power-pop voire pop tout court
(lire la chronique de leur dernier album), il y a clairement un parallèle à
tracer entre les carrières des deux groupes : à l'aube de leur deuxième
album, les Belges semblent eux aussi se foutre éperdument des impératifs de l'industrie.
Déclarations tapageuses et pochette fluo semblent définitivement hors de
propos. Exit aussi les timings serrés. Reports après reports, les GIH ont mis
quatre ans à pondre calmement leur album et y collent un cerf mystérieusement
entre la vie et la mort. Plan Your Escape, le mot d'ordre est
lancé…

Ne sombrant
jamais dans la facilité, le sextuor de Braine-l'Alleud semble pourtant en
permanence hésiter : cueillir les futiles lauriers de la gloire, bien qu'amplement
mérités, ou fuir à tout prix le monstre commercial qu'il a créé. Un jour fidèle
à son image, le groupe relance la machine entre mélodies pop à guitares folks (Sun Of The Sons) et excitations
passagères (Bored). Le lendemain, déjà lassé
de s'auto-parodier, il nous sort des arrangements plus téméraires (Couples on TV). Toujours peaufinées à
l'extrême, les mélodies de cet album n'en dégagent pas moins ce sentiment de
simplicité, ce petit quelque chose d'artisanal qui, outre des similitudes
vocales évidentes, continue à faire penser aux défunts Grandaddy. On ne s'en plaindra pas. Parfois plus avide en
expérimentations que son prédécesseur, Plan
Your Escape
penche aussi vers les noirceurs caressantes d'un Migala (les arpèges délicats de Shades Of Time, Plan Your Escape et ses xylophones ténébreux). On s'en plaint
encore moins.

Reste
qu'ombre et lumière ne font pas toujours le meilleur des ménages. Hésitant,
l'album, au demeurant agréable et plutôt réussi, tarde à prendre son envol. On
écoute, on apprécie, mais ce n'est qu'en de rares et tardives occasions (les
raffinés Colors et Birthday Call, voire Summer Storm) qu'on sent le groupe capable d'atteindre la grâce
absolue. Ce n'est déjà pas si mal, certes, mais, quelque part, on en attendait
un rien plus.

www.myspace.com/girlsinhawaii
 

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