Penelope

BIFFF 2008
Frappée d'une malédiction, Pénélope est affublée d'un groin
à la place du nez. La malédiction sera brisée le jour où Pénélope parviendra à
se faire accepter et aimer telle qu'elle est.

Dans ses intentions, le film de Mark Palansky fait beaucoup penser au EDWARD SCISSORHANDS de Tim
Burton. Même histoire de freak inadapté puis vraiment accepté d'un(e) seul(e)
sur fond d'histoire d'amour impossible (sauf qu'ici on arrange les bidons hein,
pas question que ça finisse mal…). Même volonté de tendre vers un conte moderne
où le fantastique côtoie la critique sociale passée au miroir grossissant. A
l'arrivée pourtant, PENELOPE se plante lamentablement le groin là où EDWARD magnifiait
tout ce qu'il effleurait du bout de ses ciseaux d'argent.

La trame chez Palansky n'est en fait que pur prétexte à une
énième comédie romantique bas de plafond où le seul véritable enjeu tient dans
cette question : vont-ils finir ensemble ? A votre avis ? A cet
égard, la résolution du problème posé en début de film (le groin de truie comme
synonyme de rejet absolu) est éloquente : piteusement expédié qu'il est à
l'aide d'une petite morale (« Accepte-toi toi-même ») profondément
débile. Dans des décors peu mis en valeur par une piètre photographie,
l'ambiance conte moderne ne prend (mais alors) pas du tout et s'accommode bien
mal d'une critique sociale, visant les conventions et l'intolérance, totalement
bouffonne. Burton, lui, assumait pleinement le kitsch et le second degré :
sa banlieue aseptisée ressemblait d'ailleurs étrangement à celle du BLUE VELVET
de David Lynch.

Côté casting, nous sommes contraints et forcés de nous
farcir le regard clair, brillant et embué de James McAvoy, coqueluche
romantique du moment (ATONEMENT, BECOMING JANE) tandis que Christina Ricci est
beaucoup plus convaincante en début qu'en fin de film : avec ou sans
groin, elle est toujours un imparable repoussoir.

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