The Cottage
BIFFF 2008 – David et son frangin Peter débarquent dans une cabane désolée
abandonnée au milieu de la nuit. C'est que David et Peter sont pressés de
sortir Tracey du coffre de leur voiture. La pauvre femme, attachée et
bâillonnée est en réalité la fille d'un boss de la pègre locale et les deux
frères l'ont kidnappée en vue de se choper une belle rançon en échange de sa
libération. Derrière eux, une autre voiture, celle d'Andrew, demi-frère malaimé
de Tracey et complice de son enlèvement. Il veut profiter de l'argent de son
père tyrannique pour démarrer sa propre vie loin du joug familial.
Malheureusement, une troisième voiture se pointe elle aussi. Elle appartient à
deux chinois armés et accessoirement hommes de mains du papa. Des assassins pas
commodes qui sont loin de se douter qu'une créature rôde et observe toute la
scène tapi dans l'ombre des bois : Le Fermier. Le pire de tous. Qui
survivra à cette nuit de carnage ? Qui verra le jour se lever ? Et
qu'est-ce que c'est que ce bruit inquiétant qu'on entend sous une trappe de la
cuisine ?
THE COTTAGE est la nouvelle comédie d'horreur du réalisateur
britannique Paul Andrew Williams à qui on devait le sympathique quoique inabouti LONDON TO
BRIGHTON
(discrètement) sorti l'année dernière sur nos écrans. Andy Serkis, le
modèle vivant de Gollum dans THE LORD OF THE RINGS – qu'on a également pu
voir un peu moins transformé dans THE PRESTIGE – tient l'un des rôles
principaux de ce long métrage low budget qui est malheureusement bien loin de remplir les promesses de sa bande-annonce plutôt fun…
Si THE COTTAGE démarre bien en installant une ambiance caustique qui n'est pas sans rappeler un FARGO ou un SHALLOW GRAVE, il n'est drôle qu'un temps. Passé l'exposition des personnages majoritairement limités ou uniquement définis par quelques gimmicks redondants, l'histoire tourne en rond, se perd, puis glisse complètement dans la gaudriole pure BIFFF. Alors oui, c'est parfois bien gore à l'ancienne et Andy Serkis prouve qu'il peut aussi jouer la comédie et installer sa propre présence d'acteur sans passer par la culotte verte, mais dans l'ensemble le film assèche rapidement toutes ses pistes et va au tapis en misant sur une 'nouvelle' décalcomanie d'un leatherface cheap plus latex rigide que cuir souple… Avions-nous vraiment besoin d'une entrée de plus au bestiaire pour justifier un carnage ? Bien sûr que non. Un fermier bourru ou bien malsain aurait bien mieux fait l'affaire que ce monstre de carnaval en salopette incapable de bouger la bouche comme au bon vieux temps de LA PLANETE DES SINGES. On s'intéresse distraitement à l'attirail Maisons & Jardins que le bourrin utilise pour dépiauter ses victimes (peu nombreuses finalement) pour s'assurer qu'il ne fera ni dans la dentelle, ni dans la mécanique à essence. La pioche et le râteau remplacent la tronçonneuse, mais le show est vite limité par une cruelle saturation de déjà vu dans un épisode de Jason Voorhees à la ferme ou de Vendredi 13 chez Brico. Dommage pour les quelques bonnes idées (le coup du pied dans la chaussure, la blondasse martialement hardcore à forte charge érotique, le non dit sur l'épisode passé de la Serre…) qui se retrouvent noyées au milieu d'un scénario joué à la page dans un vacarme de musique classique trop appuyé voire irritant. On en arriverait presque à suspecter une réalisation purement improvisée qui, sans le moindre sens du rythme, lasse vite, trop vite.


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