The Machine Girl
BIFFF 2008 – Ami a la haine parce qu'on a tué son frère et que les Yakuzas lui ont coupé le bras. Un couple d'amis garagistes lui bricolent une sulfateuse pour remplacer le membre manquant. Vengeance !
On dira ce qu'on veut de nos amis mangeurs de lotus, mais il
faut au minimum leur concéder une franche liberté artistique quand il est l'heure
de se lâcher… complètement ! Amis du Japon, réjouissez-vous. Le pays qui vous
a déjà gâtés avec la première scène voyeuse de défécation sur table en verre, la
patrie qui a vu naître le père d'ICHI THE KILLER et de VERSUS vous envoie son
nouveau bébé complètement allumé : THE MACHINE GIRL. Les amis de mes amis sont
mes amis et vous ne manquerez pas d'apprécier la compagnie de Ami, jeune
collégienne nippone qui aurait pu devenir une pointure du basket féminin si une
bande de Yakuzas ne lui avait pas sectionné un bras en guise de représailles (je
vais me risquer à un spoiler, mais le moignon est finalement la conséquence d'une
sorte d'accident). C'est que Ami a tendance à chercher la fight quand on
rackette, puis tabasse à mort sa tarlouze de frangin. Les Yakuzas, eux, sont connu pour rendre les coups et on sait comment se terminent les jeux de mains… Enfin,
autant vous dire qu'au Japon, c'est un peu différent d'ici (ou même de là bas.)
Série Z ultra fauchée, THE MACHINE GIRL reprend les effets archi
gores d'un VERSUS en réussissant là où le film de Ryuhei Kitamura s'était
planté : la narration. Mélange d'action drôle et potache, gratuitement gras,
mais sans vulgarité inutile, le film d'Oboru Nigushi est une histoire
classique de vengeance à la KILL BILL … juste moins chère à raconter et exponentiellement
plus gag dans ses effusions de sang outrancières et ses situations complètement loufoques.
Le film en profite pour s'afficher avec tous ces clichés qui font que vous ne marierez
jamais votre fille à un japonais. Parce que, il faut se rendre à l'évidence, ces
gens là ne sont vraiment pas comme nous. Ils osent tout et le résultat peut
faire l'effet d'une bombe de protoxyde d'azote quand il est dégoupillé en
pleine séance de minuit un soir d'avant-première mondiale au BIFFF. Assumé de bout en bout, THE MACHINE GIRL est un défouloir qui tient la route… au
moins autant qu'un sac dans lequel on balance des mawachis haineux le soir,
alors qu'il ne ressemble ni de près ni de loin à une belle mère alcoolique
qui s'est encore incrustée pour vider votre bar.
Vous l'aurez compris, avec sa formule boostée et sur mesure, la bonne surprise de ce début de BIFFF, c'est THE MACHINE
GIRL et la bonne nouvelle c'est que Oboru Nigushi a jugé qu'il pouvait aller
encore plus loin avec son prochain délire : SUKEBAN BOY. Vous pensiez que
THE MACHINE GIRL était over the top ? Ajoutez-y des nichons flingueurs,
des jambes canons, un gang d'écolières à poil et vous n'aurez qu'une fraction de l'indice
multiplicateur de son prochain film qui se contentera
toujours d'un budget équivalant à 12 boules de riz (l'alimentation doit forcément être liée
à la condition de ces gens). Nous sommes déjà impatients !
Ah oui, j'allais presque
oublier de vous dire que le protoxyde d'azote est le nom savant du gaz
hilarant. C'était moins pour frimer que pour montrer que l'individu pétri de
préjugés que je suis est aussi allé dans un collège normal où les gens savaient
(parfois) s'exprimer sans gueuler ou pleurer. C'est pas que la langue je vous
dis !


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