The Oxford Murders

CRIMES A OXFORD – Martin, jeune américain débarqué à Oxford,
rêve d'y travailler sous l'égide du grand Arthur Seldom, célèbre professeur de
mathématique et de logique. C'est sur les lieux d'un crime que les deux hommes
font connaissance. Un meurtre qui en annonce d'autres et va mener le nouveau
tandem à enquêter en usant d'un esprit affûté. Mais attention aux
faux-semblants…

Trois ans après son délirant et potache CRIMEN FERPECTO, ce
bon gros Alex de la Iglesia (EL DIA DE LA BESTIA, PERDITA DURANGO)
revenait au BIFFF cette année pour présenter son premier long entièrement en
Anglais. Le film est à l'image de la ville dans laquelle il se déroule :
posé et presque trop poli. On est loin en effet de l'esprit déjanté qui habitait
jusque là la filmographie du réalisateur espagnol. Il est amusant pourtant de
constater qu'un fil, ténu, relie ce film-ci au précédent : cette idée du
crime parfait (ou farpait donc) sortie en droite ligne, semble-t-il, du Strangers On A Train de Patricia
Highsmith. Et à y regarder de plus près, quelques éléments, discrets, révèlent aussi
ça et là la présence de de la
Iglesia derrière la caméra comme ce personnage de légume
maboul à l'hôpital ou, d'une manière générale, un certain goût pour le sang et
les freaks. Ou encore une tendance à soigner particulièrement la mise en scène,
même quand ce n'est pas justifié par un fond qui, on va le voir, vole nettement
plus bas que la forme. Ainsi de ce plan séquence virtuose, réglé comme du
papier à musique, à travers la ville ou, dans le même ordre d'idée, un court
flash en début de film complètement dispensable mais pour lequel de la Iglesia se donne
bizarrement la peine de reconstituer une scène de guerre des tranchées.

Ceci étant dit, le film se pose surtout comme une sorte de
Cluedo relativement inoffensif, un whodunit teinté de philosophie qui se
regarde avec le même plaisir futile que l'on peut prendre à lire un Agatha
Christie très moyen. Adapté d'un bouquin de Guillermo Martinez, THE OXFORD
MURDERS peine à transcender son modèle littéraire, notamment dans sa narration
très académique. Tandis que la trame se la joue fort alambiquée juste pour le
plaisir d'être alambiquée, un peu comme une explication de ce bon vieux comique
raté de Bertrand Renard avant qu'il se décide enfin à conclure fièrement :
« le compte est bon ».

Plus dommageable, l'académisme, trait tout à fait nouveau
dans la filmo d'Alex de la
Iglesia, dans lequel baigne le film le prive quasiment de
tout humour, ce trait qui, pour le coup, contribuait en grande partie au charme
du cinéma du réalisateur espagnol. Elijah Wood n'a rien de drôle, on le sait (NDLR : même pas avec une langue barbare derrière?),
et son personnage de jeune intello très premier degré s'en accommode très bien,
il n'empêche qu'on aurait bien aimé trouver un peu de drôlerie voire de folie
sous le vernis de ce film assez fade relevé par un final moralisateur mais
convaincant.

 

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