Bukarest Fleisch
BIFFF 2008 –
Lorsque Lara, étudiante insouciante, apprend le décès de ses parents et
de sa petite sœur dans un accident de voiture en Roumanie, son univers tout de
rose et de paillettes s'écroule. Accompagnée par trois amis, elle entreprend de
se rendre sur les lieux du drame, espérant en savoir plus. Lara découvre alors
que papa, scientifique industriel, distribuait de la viande avariée à des
enfants de rue roumains, engendrant ainsi de jeunes monstres avides de
vengeance.
L'un des précieux avantages d'un
festival comme le BIFFF, c'est de découvrir sur grand écran des films qui ne
bénéficieront sans doute jamais d'une distribution en salle par chez nous.
Ainsi de BUKAREST FLEISCH, premier long métrage de l'allemand Andy Fetscher qui est en fait son projet
de fin d'études (sous-entendu : monté avec trois bouts de ficelle).
Globalement, dans sa première
heure, le film se laisse
regarder avec un intérêt lointain, l'ami Andy se démenant comme un beau diable
pour faire oublier que ça est pas Lutèce ici, fieu, on fait avec ce qu'on a!…
Cela donne au film certes un côté vidéo-clip franchement pénible, mais aussi
quelques belles réussites: une atmosphère tendue au cordeau bien comme il faut
qui entraîne gentiment le spectateur (parfois gâchée, ceci dit, par le surjeu
de certains acteurs) et puis une scène super efficace (ou comment se péter le
groin sur un verre cassé) qui exprime le plus parfaitement du monde l'adage
idiot mais jouissif: l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.
Ensuite… eh bien, ensuite, ça
part quelque peu en sucette! Le copain Andy, qui sent bien qu'on commence à
s'emmerder royal, se lâche complètement et nous tente le grand chelem! On se
perd alors dans le pathos, sous les vagues de violons à plus savoir qu'en
foutre et les grands sentiments héroïques, on fait un petit tour du côté d'une
scène de cul lesbien assez minable, et on termine par un grand numéro burlesque
digne du meilleur (ou du pire? mais c'est pareil, non?) McGyver!
Au final, l'intérêt principal du
film réside dans son idée de départ (un film d'horreur écolo, c'est pas tous
les jours…), et dans la manière dont il parvient à faire ressentir ce mot, Fleisch…
d'une sonorité toute germanique… ça signifie viande, mais aussi chair…
ça sent le pus, la putréfaction, une bidoche bleuâtre et bien visqueuse,
toute droit sortie d'un abattoir clandestin où les vaches sont apprivoisées à
coup de hache… Ouvre la bouche!
Ouvre la bouche!! Avale maintenant… et termine ton assiette!!!


Ajouter un kommentaire