Elève libre
Jonas, jeune adolescent de seize ans plus ou moins livré à lui-même,
vit un nouvel échec scolaire. Il pense pouvoir se tourner pour de bon vers une carrière
dans le tennis mais il échoue aux portes de la sélection nationale. C'est alors
que Pierre, touché par sa situation, décide de le prendre en charge et s'engage
à l'aider dans son parcours scolaire en tant qu'élève libre.

Mise en scène « à la belge » (caméra à l'épaule
rivée au plus près des corps, plans s'inscrivant dans la durée), bande son
« à la belge » (Goose, Vive la Fête), accents « à la belge » et… gros
pédophile « à la belge » : le moins que l'on puisse dire c'est
que le nouveau film de Joachim Lafosse (FOLIE
PRIVEE, CA REND HEUREUX, NUE PROPRIETE) ne cache pas ses origines. Par contre,
il cache finement ses intentions. On ne sait pas trop dans quoi on s'embarque
quand démarre le film et celui-ci n'emprunte décidément aucun chemin balisé tout
au long de son déroulement. Tant mieux, puisqu'au final c'est une vraie réussite.
Ce qui ressemble de prime abord à la chronique d'un été d'un
adolescent plus ou moins comme les autres vire imperceptiblement au malaise à
mesure que les rapports entre les différents protagonistes se densifient et se
complexifient. La relation que le jeune Jonas entretient avec un trio
d'intellos libertaires désireux de pallier au manquement de ses parents évolue avec
une justesse rare vers le malsain. Ainsi, le film, très bavard, se révèle peu à
peu comme une implacable mise à nu des rapports humains, dans toute leur épaisseur
et leurs contradictions. Tout aussi à l'aise quand il s'agit de figurer le
manque de repères de l'adolescence face à la sexualité, au discours savant ou
aux pressions sociales, Joachim Lafosse impressionne par son jusqu'au-boutisme.
Réellement troublant.


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