Indiana Jones and The Kingdom of The Crystal Skull
INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRANE DE CRISTAL – 1957. Guerre froide. Indy et son vieil ami Mac sont capturés par l’armée soviétique qui les force à retrouver une relique enfouie dans le hangar 51. Indy déjoue les plans des soviets et prend la fuite, mais il est contacté par Mutt, un jeune homme rebelle qui lui demande de venir en aide à sa mère, une vieille connaissance avec qui il va s’embarquer dans la quête de la mythique ville d’Akator, cité d’or, berceau du crâne de cristal qui est maintenant en leur possession.

Une armée de nègres et
quelques tonnes de scénarios rejetés responsables de peut-être 10 pourcent de
la déforestation de ces 20 dernières années ont finalement abouti à un
résultat qui satisfasse le producteur (et coscénariste) George Lucas. Pour Harrison
Ford, il aura suffi des mêmes quantités en billets de banque pour l’extraire
du sarcophage de carbonite dans lequel il hiberne depuis 15 ans, plutôt bien
conservé, quoi qu’on en pense. Nous sommes en 2008 et ex aequo avec celui de Freddy
Krueger, le fedora le plus célèbre de la pop culture américaine est de retour.
Débuts des années 80,
j’étais plus amoureux d’E.T. que de RAIDERS OF THE LOST ARK, mais je me
souviens clairement qu’INDIANA JONES AND THE LAST CRUSADE avait illuminé mes
yeux en salle. Dix neuf ans ont passé et j’envie la jouvence du Graal qui me
rendrait mon regard d’enfant sur la série. Acceptons les faits, le dr. Jones a
mieux vieilli que son audience et sa quatrième aventure, sans être du niveau de
la première, vaut probablement les deux suivantes, la superbe du souvenir en
moins. Alors à quoi bon ? Si ROCKY et RAMBO, nous ont encore récemment
rappelé la force nostalgique de nos chères icônes des années 80, on préférera
comparer ce come back sentimentalement plus neutre à celui de John Maclane. Pour
parler SFX, c’est sûr, le dernier Indiana Jones est indispensable à ceux qui ne
peuvent décemment pas se passer de rongeurs en images de synthèse, du retour de
la vengeance des fourmis carnivores, d’une scène abracadabrante combinant singes
pirates à l’abordage et Shia Tarzan numériques ou d’un champignon nucléaire géant
face auquel Indy ne devra sont salut qu’à ses années d’expérience de mise au
placard. Après 20 minutes d’introduction naturellement frimeuses ou indécemment
acrobatiques, quand le film explose (au sens propre), on a déjà coché les
blagues attendues sur l’âge du personnage ainsi que la présentation du charismatique
vilain (la bandante soviet Cate Blanchett), mais KINGDOM OF THE CRYSTAL SKULL prend
des allures de mauvais James Bond. DIE ANOTHER DAY et sa pitoyable séquence de
surf improvisé sur un palais de glace fondu ne sont pas loin. Le coup du space
mountain dans le désert tout de suite suivi par l’essai nucléaire et le
décollage de Smeg entièrement gratuit laissent présager le type de débordements
qui sont l’apanage des grands bides héritiers de la saga comme THE MUMMY
RETURNS. Et de fait, il y a fort à parier que la corde serpent (Indy déteste
les serpents), le grand écart de Mutt en pleine hot poursuite, ses singeries suspendu
à des lianes et les 3 chutes d’eaux sans bobos ne feront pas partie des moments
cultes de la saga. Plus dopé par l’EPO que le Viagra, notre aventurier ne fait
pas grand cas de son âge faisant bondir sa doublure d’une cascade à l’autre et
distribuant les marrons comme en 40. Qu’il s’agisse de nazis ou de soviets, Indy,
plus patriote que jamais, a toujours la pêche bien dure malgré un scénario qui
a la bonne idée de ne pas le rajeunir. Tiré d’un coffre (véridique) en plein maccartisme,
on retrouve notre héros 19 ans tout justes après qu’Hitler lui ait signé un
autographe dans le carnet de papa, aujourd’hui malheureusement aussi mort que le
disco et la carrière de Sean Connery.
De toutes les
réalisations de Steven Spielberg,
INDIANA JONES AND THE KINGDOM OF THE CRYSTAL SKULL ferait certainement partie
des plus difficiles à rattacher aux caractéristiques de sa filmographie s’il n’avait
pas été question de ‘petits hommes verts’ dès le prologue mettant en scène la
fameuse area 51. Un clin d’œil thématique qui vaut autant pour le père des
Ewoks, mais qui n’est pas entièrement assumé dans le scénario qui puise ses
justifications du côté de TWILIGHT ZONE : THE MOVIE. A défaut d’innover,
tâchons de se faire plaisir en peignant le cul des fans par la même occasion :
forçons l’autoréférence aux opus précédents en prenant bien soin de limiter les
égards envers TEMPLE OF DOOM qui, malgré ses qualités, confirme son statut de
vilain petit canard de la série. Sans souffrances, la saga populaire n’engendre
que clins d’oeil amusés plutôt que véritable nostalgie et d’une manière
générale, le film manque d’émotion. Les retrouvailles avec Marion Ravenwood (Karen
Allen reprend le rôle d’Indy girl qu’elle avait dans RAIDERS OF THE LOST ARK) sont
vite expédiées et la relation père / fils, d’abord artificiellement retardée finit
complètement précipitée par l’action. On est loin de l’alchimie Ford / Connery.
Comme d’habitude, la base
du scénario a des racines mythologiques. In casu, la légende populaire des 13
crânes de cristal mayas sur laquelle vient ensuite se greffer un élément de la SF
typique des années 50. Jones affirme d’ailleurs avoir vu le crâne qui se trouve
réellement conservé au British Museum de Londres. Détail sympa même si on ne
peut pas dire que l’objet de ses différentes aventures ait jamais été plus
important que la quête elle-même tant que cette dernière respecte le quota de
sarcasmes et de rebondissements semi-énigmatiques. Situations, dialogues et multiples
sidekicks ont le même but : faire valoir le culte du personnage devenu une
icône. Qu’Indiana Jones ait été pompé sur le héros de serials créé au 19e
siècle par Henri Ridder Haggard n’a pas empêché ce pauvre Allan Quatermain d’aller
se cacher pour mourir à l’ombre d’Indy. Sa silhouette aussi archétypale que
celle de Darth Vador sur les premières affiches de THE PHANTOM MENACE précèdera
d’ailleurs le come back du personnage à l’écran.
Les auteurs ont fait leur
courses avec une liste pour s’assurer qu’il ne manque rien. Le thème de John
Williams bien sûr, mais aussi les passages obligés dans des temples magiquement
éclairés et des poursuites à bord de tout ce qui a des roues, un peu trop de
poursuites d’ailleurs. On aurait aimé qu’Indy et son rejeton mal fini passent
plus de temps à résoudre des énigmes qu’à s’enfuir pour se faire capturer et s’enfuir
encore jusqu’à épuisement du budget. La facilité avec laquelle la clique
découvre des lieux ancestralement enfouis n’est pas forcément au service du
rythme du récit qui a tendance à s’emballer. Peut-être que le divertissement a
plus spécifiquement été calibré pour une génération prête à avaler la suite de
la franchise avec Shia Labeouf dans le rôle principal. George Lucas s’étend volontiers
sur cette perspective, mais George Lucas s’étend sur tout depuis toujours et on
se souviendra que la génération précédente n’avait pas voulu des aventures du
jeune Indiana Jones qu’il avait commencé à lui refourguer.
Je ne sais pas à quoi
je m’attendais, mais en ce qui concerne Indiana Jones, j’en resterais aux
épisodes précédents étendus à la version Amiga 500 de THE LAST CRUSADE. En
termes de plaisir, 10 minutes passées devant ce jeu surclassent l’effet d’un
KINGDOM OF THE CRYSTAL SKULL qui, en dépit de sa bonhommie permanente, m’a tout
de même tendu un miroir un peu déprimant. Depuis que j’ai quitté la salle,
salle devant laquelle j’ai patienté plus longtemps que la durée du film, je
pense aux 8 disquettes Nashua attachées avec un élastique. Je me revois
découper des GENERATION 4 pour fabriquer des étiquettes couleurs que je plastifiais
soigneusement ensuite avec du ruban adhésif. Mon esprit parcourt chaque page du
journal du Graal offert avec un jeu auquel j’ai décidé de ne jamais rejouer.
Prendre le risque que ça ne m’intéresse plus ou pire que je trouve ça fade ou
ringard ? Non merci. Sur ce coup là, je préfère nettement faire confiance à mes
souvenirs…



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