The Dandy Warhols: …Earth To The Dandy Warhols…
Il serait intéressant de tourner
une suite à DIG !, ce
documentaire qui suivait en parallèle
les chemins pris par le Brian Jonestown
Massacre d'un côté, et les Dandy
Warhols de l'autre. Alors qu'Anton Newcombe a gagné assez en notoriété pour
acheter sa liberté via la création de son label A Records, le précédent album
des Dandy (pourtant loin d'être mauvais) n'a pas passionné les foules, au point
de se faire remercier par Capitol, ce qui amène le groupe à sortir ce nouvel
album sur son propre label, Beat The World. Comme un retour à la case départ,
en gros… dos-à-dos dans les starting blocks, prêts à entamer le deuxième
round.
…Earth To The Dandy Warhols… donc, sixième album
des branleurs de Portland (sans compter le Black Album refusé à l'époque
par Capitol) navigue entre l'habituelle pop psyché et quelques notions de funk
outrageusement 80's, le tout se déployant sous un concept fumeux d'astronautes
et de vaisseaux spatiaux et surtout, si vous voulez mon avis, d'herbes
hollandaises à volonté.
Le problème avec la beuh de coffee
shop, c'est qu'elle est vraiment puissante (elle contient quelque chose comme
30% de THC, la substance qui fait planer – pour les non initiés – comparée à la
beuh naturelle – ou presque – qui ne monte pas à plus de 10% de teneur en THC)!
Elle monte rapidement au cerveau et à partir de là, c'est chacun pour soi dans
le meilleur des mondes! Les deux, trois premières lattes, on se sent
euphorique, prêt à tout tenter, sans inhibition, on balance la sauce et
l'atmosphère est tellement bonne que tout vous sourit (les deux premiers
titres, les plus réussis du disque) mais dès le premier faux pas, forcément
commis (trop de confiance en soi, on tente, on tente, aveuglément, au feeling,
et forcément, parfois… ça passe pas!)(je parle du troisième titre Welcome
To The Thirld World, gros funk blanc 80's particulièrement indigeste, à
faire passer Let's Dance de Bowie pour… pour quoi au juste?)… J'en
étais où? Oui, le premier faux pas… qui pousse à se retrancher immédiatement
sur ses bases, forcément bien mieux maîtrisées (une pop psyché aguicheuse comme
sur Love Song et sa mandoline entêtante) mais qui finissent par sentir
la redondance… redondance… redondance… (une pop psyché aguicheuse donc,
la voix camouflée sous les touches d'écho, les couches de guitares et de fuzz
et tous ces nanananana langoureux… au menu depuis 1995, sans jamais
manquer à l'appel!)… jusqu'à ce qu'on pénètre dans les zones embrumées et pour ainsi dire quelque peu élaborieuses
(Mis Amigos, chanson idiote et cliché – qu'on me cite une seule chanson
d'un groupe anglo saxon dont le titre est en espagnol et qui ne sonne PAS
cliché! – Valerie Yum, aller simple vers les épais nuages sombres et
vaporeux). L'affaire se termine sur un cours sur la production et la
consommation de nougat, sous anesthésie absolue et définitive.
Album pas désagréable, mais loin
d'être génial, …Earth To The Dandy Warhols… souffre surtout de la
difficulté (incapacité?) que semblent éprouver les Dandy à se renouveler sans
éviter de se prendre le mur de pleine face. Le (reste du) disque sonne comme du
Dandy, a le style du Dandy, la patte du Dandy, mais ne retrouve jamais la saveur
du Dandy. Se pose alors la question: Courtney Taylor-Taylor vient-il de perdre
une bataille? Ou vient-il de perdre la guerre?


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