The Notwist: The Devil, You + Me
Putain, six ans! (comme aurait pu dire l'autre…)
D'accord, certains vont peut-être rester sur leur faim… Pensez, six ans
d'attente, et The Notwist revient
avec un disque qui reprend les choses là où l'indéboulonnable Neon Golden
les avait laissées. Vu sous un autre angle, The Devil, You + Me peut être considéré comme le
disque d'un groupe au sommet de son art, maîtrisant le langage qu'il a lui même
créé avec une rare majesté. Un disque solide d'un groupe majeur donc, à défaut
de renouveler complètement son alphabet.
Les amoureux de Neon Golden (sans oublier Shrink,
album de 1998 qui inaugurait le tunnel que The Notwist continue de creuser)
restent donc en terrain connu avec ce nouveau disque. Les chansons, bien (voire
peut-être trop bien) installées dans leur structure pop, accueillent toujours
des sonorités empruntées à l'electronica, tandis que la voix de Markus Acher
reste (trop?) discrète et (trop?) polie, permettant ainsi aux expériences
sonores de se déployer librement. En gros, une fois accepté le fait que The
Notwist ne déviera pas de sa structure de départ, le travail sur le son, dans
un triangle composé d'electronica, de guitares acoustiques et de cordes (réelle
innovation par rapport à Neon Golden) apparaît de manière assez
splendide et majestueuse. On Planet
Off, Where In This World, Hands on Us, Gone Gone Gone
comme la plupart des morceaux de l'album sont des chansons dont on n'a pas fait
le tour après cent écoutes. Toute la magie du groupe allemand est là, dans
cette instrumentation, dans ces détails sonores qui magnifient des compositions
déjà solides.
En fait, The Notwist prend un peu la place qu'a pu avoir The
Cure il y a vingt ans. Ce côté romantisme littéraire très XIXème siècle -
l'idée d'un groupe retiré, en quasi autarcie, loin de la société… Et on se
laisse emporter dans son monde sans trop s'en rendre compte, comme
dans un songe. On en ressort apaisé, comme d'une retraite dans un vieux monastère,
quelque part au milieu d'une forêt oubliée. Une autre réalité, en somme.
Where In This World


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