Cypress Hill @ Les Ardentes 2008


Rien à redire, après près de 20
ans (oui, 20 ans) de bons et loyaux services, B Real et Sen Dog savent toujours
y faire pour retourner une salle de concert. Certes les conditions y étaient :
durant toute cette première journée des Ardentes, on croise foule de gens qui n'ont
qu'un mot à la bouche, Cypress Hill. Et de fait, c'est un hall HF6 compact et
bouillant, où ont afflué fans hardcore, curieux un brin nostalgiques, jeunes
attirés par la légende enfumée et naufragés de l'orage qui s'emballe à l'extérieur,
qui une demi-heure avant la prestation des Californiens semble déjà au bord de
l'explosion de joie. Ca pass le oinj
à tout va tout alentour. Un ivrogne tente d'amener un parasol géant dans la
fosse et est refoulé dans une ambiance bon enfant toute liégeoise. La sueur ne
cesse de perler sur les fronts échaudés quand arrive enfin le quatuor. Intro
en scratch de rigueur par le DJ, petite démonstration du percussionniste Eric
Bobo et c'est parti. La voix nasillarde de B Real et le timbre profond de Sen
Dog se répondent sans temps morts dans un set évidemment centré sur les hits de
leurs 3 premiers albums, l'âge d'or en quelque sorte : bien sûr avec un dernier album
remontant à 2004, les quatre de L.A. n'ont ce soir rien à défendre d'autre que
leur notoriété. Tout au bonheur d'une foule qui rentre à fond dans le jeu scénique des MC. B Real s'allume
un gros joint sur I Wanna Get High, Sen
Dog le lui dispute et reçoit pour réponse de son comparse de se faire un Hit From The Bong (tirer un coup sur la
pipe à eau) et quand il parvient à ses fins mais en est trop stone, c'est le Dr. Greenthumb, qu'on appelle à son
chevet. Dans le même registre gentils
gangsta
, quand B Real raconte qu'il s'est fait taper par les méchants policiers du LA Police
Department, il leur répond par un Pigs
en faisant lever l'index à la foule ravie de se sentir elle aussi faire partie
du gang. Evidemment si l'on décortique, analyse et cherche des poux dans le
discours de Cypress Hill, difficile d'y trouver grandes nuances (la beuh c'est
trop cool, les flics tous des pourris ?), mais finalement qui était là pour ça ?
On retiendra plutôt de la soirée cette ambiance de feu et le plaisir immodéré de
réentendre en live les classiques du genre.

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