Dour Festival 2008: vendredi 18 juillet (Jour 2)

Sur l'autoroute
E19, à la sortie 26 vers Dour tout comme à la gare ferroviaire, on vous attend.
Avec ou sans les chiens… On l'a déjà dit, mais cette année, Dour a besoin de
redorer son blason face à la presse bien pensante. Reste que, passé la barrière
policière, Dour reste le seul festival belge où on peut rentrer avec des
bouteilles, ce qui n'est tout de même pas négligeable – en somme, la beuh
est confisquée mais y a moyen de rentrer avec une bouteille de 25 cl de MDMA
liquide?
– Qui a dit ça?

Quoiqu'il en
soit, on est à peine arrivé sur le site de la Machine à feu en ce
deuxième jour de pérégrination
néo-hippie-rasta-destroy-cyber-punk-metal-et-autres que le Club Circuit Marquee
est en ébullition. Sur scène, les anversois de Triggerfinger  balancent 
la sauce à l'ancienne – basse, guitare, batterie- et c'est ni plus ni
moins l'énergie première et primaire du rock & roll qui refait surface. Le
tout dans des costards trois pièces… Classe et sauvage. Que demande le
peuple? (3,5 étoiles – Hey Hey (My My) Rock & Roll Will Never Die!)

Fermée au public
lors de la première journée, la Red Frequency Stage, deuxième grande scène en
plein air, fait office de jardin d'Eden en cette après-midi. Imaginez! L'herbe
y est encore… verte! C'est donc devant les américains de Pinback que
l'on prend ses aises… oh, toutes ses aises… alors que le groupe nous berce
de ses bluettes pop de moins en moins relevées (en gros, Pinback vieillit aussi
mal sur scène que sur disque)… Au point de s'assoupir dans les bras de
Morphée. Pour un instant, tout est paisible et merveilleux à Dour (mais je ne
parle pas forcément de musique, là…) (2 étoiles, parce que c'était tout de
même une bonne sieste).

Une des
merveilles de Dour, c'est qu'il existe tout et son contraire. Ainsi, tous les
états du corps et de l'esprit y sont représentés (à peu de chose près).
Exemple: il n'y a rien de plus simple que de sortir de l'apathie Pinback. Un
petit quart d'heure du côté de la
Last Arena – lieu d'accueil de la tribu métal ce vendredi
-  suffit amplement pour retrouver tous
ses moyens. Sur scène, Agnostic Front, qui fait le boulot qu'on attend
d'eux, sans rien à y redire. Hop, deux temps, trois mouvements, et on est
reparti comme après trois vodka red bull (ou un bon rail, au choix… - Qui
a dit ça?
). On se retrouve alors au Dance Hall, où Ratatat tentent
de briser le mur du son avec leur rock electro planant. Fréquences basses et
aiguës dans le rouge, bon dieu, on est loin de l'atmosphère douce de la Red Frequency Stage!
Difficile de tenir sans se péter les… QUOI? QU'EST-CE TU DIS? J'ENTENDS
QUE DALLE!
On fait donc un saut au Marquee où l'illuminé Jimi Tenor nous
propose ses chipoteries electro jazz accompagné d'un orchestre, le Flat
Earth Society.
La chose tournant assez rapidement à l'exercice de style
assez pompeux, autant s'esquiver vers le dernier des refuges, à la Petite Maison dans la Prairie, chez nos amis
rastafariens. Ce qui est bien avec le reggae, c'est qu'on n'est jamais vraiment
déçu. Suffit de se laisser happer par l'atmosphère environnante, de humer l'air
tourbillonnant et on est rapidement inséré dans la communauté. Pour le coup, ce
sont les deux MC's anglais de Vibronics qui se chargent des commodités
d'usage. Un rôle repris un peu plus tard, et dans un style beaucoup plus rentre
dedans alliant samba, hip hop, electro, punk (on appelle ça le Baile Funk
apparemment) par les brésiliens de Bonde Do Role qui citent au passage
Daft Punk ou Depeche Mode. Pas très fin mais foutrement efficace pour ce qui est
de préparer le festivalier à la nuit qui l'attend.

C'est pas tout
ça mais l'heure approche. Red Frequency Stage, 21h15, The Notwist
(photo) montent sur scène. On avait déjà dit tout le bien qu'on pensait du groupe sur
disque. Mais à le voir sur scène, on ne peut que s'agenouiller, tant la
dimension que prennent les chansons que le groupe allemand nous distille depuis
déjà presque vingt ans est immense. Le mélange subtil et rapproché d'écriture
pop et d'expériences électro mis en place en studio est ici complètement
libéré, les chansons flirtant avec les extrêmes tout en ne perdant jamais leur
point d'appui. Un titre comme Neon Golden par exemple, commence tout en
douceur mélodieuse pour se terminer sur un beat techno répété jusqu'à la
transe. Le groupe a par ailleurs la bonne idée d'alléger son set en intégrant
quelques morceaux plus rock qui remontent à leurs débuts. Le concert, proche de
la perfection, se termine sur Gravity, extrait du dernier album,
dernière invitation à la transe et mise en bouche parfaite pour ce qui nous
attend (4 étoiles parce qu'il y a moyen que ce soit encore mieux le 11
décembre à l'AB).

Parlant de
transe, on va être servis. C'est carrément les pyramides de Gisée que Battles
nous invite à visiter (au 4ème millénaire avant Jésus Christ s'entend…).
Battles et son batteur fou John Stanier (ancien membre des excellents métalleux
d'Helmet) construisent leurs pyramides sonores donc, étage par étage, avec pour
seul objectif la lune qui se dévoile lentement derrière les nuages. Une
expérience rare, difficilement définissable mais véritablement prenante,
vibrante et par dessus tout vivante (d'où une certaine marge entre le live et
sa transmission sur disque, beaucoup plus cérébrale et difficile d'accès). En
bref, une claque (4 étoiles parce que la lune était toute proche).  

En repartant, on
tombe sur un océan humain à la
Last Arena. Tout ce beau monde attend avec impatience que le Wu-Tang
Clan
daigne monter sur scène. C'est finalement avec une demi-heure de
retard sur l'horaire que les new-yorkais entament leur set. De loin, le son est
assez faible et les bad boys semblent donner le minimum. Les fans s'en foutent.
Dans la fosse, ça explose de partout, les évanouissements se succèdent
gentiment, et les ambulances arrivent tranquillement afin de rameuter les moins
téméraires.

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