The Verve: Forth
Qu'il soit permis d'entrée de jeu
de rétablir une vérité. The Verve ne se réduit pas à Urban Hymns. Avant
ce best-seller brit pop, le groupe de Wigan nous avait offert deux albums dont
le psychédélisme teinté de lyrisme était du meilleur effet, particulièrement sur A Northern Soul, chef d'œuvre dont la
beauté noire et malsaine sortait tout droit de ce trou sans fond que semblent
être les cités post-industrielles du nord de l'Angleterre.
Pour autant, comme il est d'usage à
chaque reformation d'anciens champions des hit parades, on se méfiait un peu de
ce retour. Dans cette optique, Forth surprend. Loin de se rabattre sur
un consensus pop FM qui aurait ravi la presse anglaise (à part sur deux ou
trois titres, dont le single un peu lourdaud Love Is Noise), The Verve
revient avec un album assez exigeant, composé de longs morceaux pop-psychés,
toujours très mélodiques et lyriques, mais qui ne se satisfont pas du format
pop. L'exercice (on sent l'importance qu'ont dû avoir les jams dans la
construction du disque), s'il est parfois maladroit (les titres les plus
faibles restent néanmoins les tentatives les plus radiophoniques), est pour la
plus grande partie très agréable à écouter et invite à l'immersion (l'ouverture
Sit And Wonder, Numbness, le très ashcroftien I See
Houses, l'étonnant Noise Epic ou encore le très beau final Appalachian
Springs). En fait, par bien des aspects, cet album fait penser au premier
LP de The Verve, A Storm In Heaven, et sonne comme le disque d'un groupe
dont chaque membre est d'égale importance – comme une réelle volonté de
retourner à la source. Surtout, Forth donne le sentiment que cette
réunion a été centrée sur la musique plutôt que sur le portefeuille. Un disque
honnête, donc, sincère. C'est déjà énorme.
Love Is Noise


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