Gardens of the Night
Leslie et Donnie vivent dans la rue, tentant vaille que
vaille de gérer au quotidien les galères mais surtout les fantômes d'une
enfance brisée qui les lie autant qu'elle les détermine.
Décidément, la compétition deauvillaise n'est guère d'humeur
rigolote cette année. Après le bouleversant SNOW ANGELS lundi, GARDENS OF THE
NIGHT enfonce le clou – crade et douloureux le clou – ce mardi avec une
histoire de kids traumatisés par des sévices à répétition endurés durant
l'enfance suite à un enlèvement déguisé en abandon parental.
Articulé en deux temps, le film happe littéralement dès son
introduction et ce tout au long d'une première partie irréprochable, plongée
saisissante dans l'horreur au quotidien d'une gamine de 8 ans. Tom Arnold, dans
le rôle de « l'oncle » Alex, gros malsain transpirant, y est effrayant
de justesse, et les gamins, pas minaudiers pour un sou, impeccables. D'une
subtilité jamais démentie, sans effets appuyés ou tire-larmes, Damian Harris, scénariste et
réalisateur, impose une ambiance, tendue, et un style implacable.
Etonnamment, c'est dans une deuxième partie beaucoup moins
casse-gueule mais peut-être aussi beaucoup plus attendue qu'Harris commence à
montrer quelques signes d'égarement. Un second temps qui révèle un casting
inégal, un usage de la musique souvent maladroit et une histoire aux enjeux
beaucoup moins forts. Si la construction du film en elle-même force le respect,
on est en droit de se montrer beaucoup moins client des allures de fable un peu
forcée qu'Harris essaye à tout prix de lui donner. Cette idée d'échappée belle
dans l'imaginaire – via l'univers du Livre de la Jungle – afin de se
soustraire à un réel trop lourd à supporter, pour justifiée qu'elle soit, n'en
tombe pas moins à moitié à l'eau, péchant sans doute par excès de
superficialité et manque d'originalité.
Une belle semi-réussite donc, dans laquelle on notera
également, dans des rôles secondaires, la présence d'Harold Perrineau (LOST, MATRIX
2 et 3) et Jeremy Sisto (SIX FEET UNDER), ainsi que celle, particulièrement
bien amenée, de John Malkovich.


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