Afterschool
Peu loquace, relativement introverti, le jeune Robert semble
plus à son aise quand des écrans le séparent du réel (fenêtre YouTube,
écran d'ordinateur, viseur de caméra). Un jour, alors qu'il filme le couloir de
son école, il est témoin de la mort de deux étudiantes…
Le moins que l'on puisse dire c'est que, pour son premier
long métrage, le jeune Antonio Campos
(24 ans) a choisi de filmer ses adolescents de manière peu académique. Ce dont
il semble très fier d'ailleurs : négligeant les règles élémentaires du
champ/contrechamp, du montage voire de la profondeur de champ, abusant du
surcadrage, se refusant à l'usage de musique additionnelle, privilégiant les
plans séquence durant lesquels les mouvements de caméra sont toujours
délibérément en retard sur l'action, choisissant de systématiquement mal cadrer
son sujet et compilant au final toutes ces « tares » volontaires en
une mise en abyme grotesque (difficile de ne pas voir dans cette scène où un
professeur critique le travail vidéo du jeune Rob un clin d'œil du réalisateur
à son propre film). Des choix de mise en scène auxquels on préférera encore les
ralentis esthétisants rabâchés par Gus Van Sant. C'est dire.
Difficile ceci dit de voir où Campos veut en venir. Ou bien
si, sauf que c'est complètement loupé. Ce que l'on suppose être une réflexion
sur une certaine déréalisation adolescente sans doute conséquente au résultat
du mélange d'un quotidien évoluant dans un environnement aseptisé et d'une
consommation plus ou moins compulsive d'images flirtant avec le malaise, la
peur, le sexe et la mort, apparaît très vite comme un très mauvais prétexte
convoqué par le réalisateur pour faire le malin. Pas son premier fait d'armes
d'ailleurs puisque c'est lui qui a réalisé l'agaçant clip tendance art content pour rien
du Sleeping Lessons de The Shins et
qu'on lui doit également BUY IT NOW, court-métrage racontant comment une ado
mettait sa virginité aux enchères sur eBay.
Dis-moi ce que tu regardes, je te dirai qui tu es. L'adage
est connu et on lui accolerait bien pour le coup sa variante : dis-moi
comment tu filmes, je te dirai qui tu es. Point besoin de nuance en ce qui
concerne le sieur Campos : communément, on appelle ça un gros branleur.


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