Oasis: Dig Out Your Soul

Dans nos contrées, il est aujourd'hui
si facile de hausser les épaules quand on parle d'Oasis, mais en Angleterre, c'est tout autre chose, ça rigole pas.
Pour exemple, l'excellente série british SHAMELESS
on suit les pérégrinations de la famille Gallagher (dont
le plus jeune fils se prénomme Liam) et de leur entourage de lads, entre
pintes de lager pour débuter la journée, 
foot et colle à sniffer dans les cours de récré, soit la vie telle que
les deux frères pétards l'ont exprimée à l'époque de leurs deux premiers
albums. C'est juste un exemple, mais pour dire, Oasis, là-bas, c'est un truc
culturel fort, qui représente, faut pas trop déconner  là-dessus.

Alors, d'accord, on leur reproche
de pomper toujours les mêmes vieilles scies sixties, album après album et sans
le génie requis, mais bon… la seule fois où ils ont tenté un demi écart,
c'était pour se faire démonter par tout un pays (Je parle de Standing On The
Shoulder Of Giants
, là… disque certes réellement médiocre, mais qui
contenait tout de même une pépite étonnante, qui pointait à des années lumières
de ce que Oasis est censé proposer, ce Fuckin' In The Bushes qu'on a pu
entendre par la suite dans SNATCH – si, si, j'assume, grand, excellent
morceau!). Alors bon, vous feriez quoi à leur place? Dans la culture populaire
qui nous occupe (car c'est bien de cela qu'il s'agit) certains font office de
têtes chercheuses, et d'autres de têtes de cons. Chacun son rôle, il en faut
pour tous les goûts. Et dans le genre têtes de cons pour la cause du peuple,
Oasis, ce sera quand même toujours mieux que, au hasard, Coldplay… n'est-il
pas?

Et la musique dans tout ça? (la
quoi?!
) Ben c'est Oasis. Vous vous attendiez à quoi? Chansons directes,
qu'on se surprend à siffloter dès le deuxième refrain, mais qui nous broutent à
l'écoute suivante, quelques pompages de standards sixties en bonne et due forme
(mention spéciale à l'intro de Waiting For The Rapture, copier-coller de
celle du Five To One des Doors),
la routine quoiQuoique, pour être totalement honnête, il faut bien
avouer que ce Dig Out Your Soul a des élans beaucoup plus psychés que
d'accoutumée. Oh, rien de bien grave, mais tout de même, la production met ici
l'accent sur la section rythmique (le son basse-batterie très travaillé) plutôt
que sur les mélodies, et de temps à autre, particulièrement dans la deuxième
partie du disque, les compositions tendent même à… surprendre. Une intro par
ci, un refrain par là, voire un morceau en entier (To Be Where There's Life,
écrit par Gem Archer, ou le final Soldier On, écrit par… Liam) ou
encore ces couches d'écho et autres sonorités à la Sgt. Pepper qui
se promènent tout au long du disque. Tout cela fait que Dig Out Your Soul
s'aventure (marquez ce mot, aventure) plus du côté du Beatles psychédélique que de celui de Help!,
sans pour autant désarçonner les supporters acharnés. En clair, les deux
frangins nous reviennent avec un album qui, s'il évite en général la redite
trop facile habituelle, n'entachera ni le culte que vouent les uns, ni l'ennui suscité
chez les autres.

 

                                                      The Shock Of The Lightning

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