Deerhunter : Microcastle


Les plus assidus d'entre vous se rappelleront qu'une délégation
de la rédaction de K-web s'était rendue au Primavera à Barcelone en mai
dernier.  Et en était notamment revenue pleine de louanges quant à la
prestation d'un groupe qui n'avait jusqu'ici éveillé en nous qu'un intérêt pour
le moins limité. Il n'en fallait pas plus pour qu'on se replonge avec une
oreille plus attentive dans Cryptograms,
dernier album en date à l'époque des américains originaires d'Atlanta de Deerhunter. De cette nouvelle écoute on
en était ressortis une nouvelle fois mitigés. Si certains morceaux, comme White Ink, valent vraiment le détour, ce
rock noise aux accents plus que prononcés d'ambient finit invariablement par
lasser sur la longueur.

Pourtant notre curiosité restait piquée au vif. Avec Microcastle,
la surprise est de taille : Deerhunter nous offre rien moins que l'un des
(le?) meilleur(s) album(s) de cette fin d'année. Séduction immédiate, c'est le
mot d'ordre qu'ont du se donner les membres du groupe. On se prend d'entrée
dans les dents Agoraphobia et Never Stops, deux indie pop songs parfaites
comme on n'en avait plus entendu depuis bien longtemps. Pour compléter ce
départ en fanfare, ils balancent le délicieusement sixties Little Kids et puis un Microcastle
qui évoque Beach House dans sa première partie avant que les guitares se
lâchent.

Le groupe lève alors le pied pour revenir aux ambiances plus
contemplatives de Cryptograms mais
cette fois sans s'éterniser. Il semble plutôt s'accorder une pause avant de
repartir de l'avant avec Nothing Ever
Happened
, morceau qui n'est pas sans évoquer un bon vieux Pavement, en moins branleur. La
démonstration s'achève avec le plus léger Saved
By Old
Times (rehaussé de la présence
de Cole Alexander des excellents Black
Lips
), l'aérien Neither of Us,
Uncertainly
et enfin Twilight at
Carbon Lake
dont le final noise clôture à merveille un album qui voit le
groupe abandonner une bonne part de son côté « expérimental » au
profit d'une musique totalement décomplexée, gagnant au passage en redoutable
efficacité.

 

                                                          
Twilight at Carbon Lake

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