Guns N’ Roses : Chinese Democracy
Ça commence par des sonorités informelles… Quelques
touches de synthé, des voix… Plusieurs voix qui se croisent et
s’entremêlent… Nous sommes en Chine! Arrive un riff indus, dur, sacadé.
Doucement le riff s’installe, prend ses aises et s’impose comme une parfaite
rampe de lancement pour… iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiIIIIIIIIIIIIIIIHHHNNNNNNNNNNNNNN!!!!!!!
Axl is Back!
Bon, on va pas vous faire l’injure de recontextualiser ce Chinese Democracy, que certains
donc, attendent depuis 1973… Pardon,
1993. Passons. Musique! Ce qui frappe surtout dans les premiers titres, c’est
le son franchement industriel. Ces couches de guitares, de voix et de batteries
passées dans l’Intelligence Artificielle qui offre à ce disque une couleur
qu’on ne connaissait pas aux Guns N’ Roses. Forcément, en 92, on en était encore plus ou moins à l’analogique. Axl
a dû apprendre à utiliser un ordinateur, si ça se trouve, c’est ça qui a pris
tant de temps…
Bien sûr, tout ce qui a fait des Guns N’ Roses le groupe
le plus risible de la planète (en vrac, ces hurlements de chèvres violées, les
refrains pour stades, les soli de gratte à n’en plus finir et tout ce qui
exprime l’ego surdimensionné de Seigneur Rose en général) est bien au
rendez-vous, qu’on se rassure! Néanmoins, ce son electro indus est là pour
prouver que la bestiole n’est pas restée totalement coincée dans les années
70… Pardon, 80. D’ailleurs, au troisième titre, Better, le miracle se
produit. La plupart des tics sont ici oubliés, ce qui permet à la chanson de
faire office d’exemple réussi du passage de la musique des Guns dans le XXIème
siècle. Franchement, on n’en attendait pas tant.
Après ce tour de force arrive… la ballade! Et là, Axl se
lâche totalement, nous démontrant toutes ses capacités vocales. Axl a pris
des cours de chant, si ça se trouve, c’est ça qui a pris tant de temps… En
fait de ballade, Street Of Dreams (c’est son titre) prouve ce qu’on
avait déjà bien compris: Chinese Democracy n’est pas un disque. C’est le
plus gros blockbuster à être jamais sorti d’un studio hollywoodien. Un
truc à faire passer les productions Bruckheimer pour un album de Will Oldham.
Chanson par chanson, on suit les pérégrinations du héros (Axl). Ici, il tombe
amoureux d’une fille («I don’t know what I should do/Everywhere I go I see
you», ce genre). Par contre, l’histoire ne dit pas si c’est la même fille
que dans November Rain qui, je le rappelle, meurt à la fin du film… du
clip. Passons.
Cinquième titre, et là encore, surprise. Un rythme hip
hop/electro sur lequel se balade une guitare flamenco, puis quelques touches de
piano jazzy (Axl a écouté d’autres disques que les siens… C’est sûr que
là, ça a dû prendre pas mal de temps!). Tout ça sonne assez positivement «branchouille,
ma couille», et s’il n’y avait ce bruit de truie subissant un toucher rectal
tout le long du morceau, ça passerait facile au Café Belga place Flagey… et
en boucle encore bien.
La suite est franchement moins excitante. Disons qu’après
cinq titres, l’émotion des retrouvailles est passée. On n’entend dès lors plus
que ces horribles tics, ces boursouflures mégalos, ces couches de synthé par
centaines, ces soli de gratte inutiles, ces hurlements de chimpanzés à n’en
plus finir,… et avec tout ça les titres semblent interminables. On dénote un
morceau outrageusement pop qu’on risque de se taper sur les ondes des chaînes
privées aux alentours de Noël (Catcher In The Rye, Axl a conclu avec la
fille de November Rain – ou une autre -, il est heureux et chante à
tue-tête «NaNaNa NaNaNa»…); une deuxième ballade (Axl a largué la
fille – faut bien savoir qu’on ne quitte pas Axl Rose car c’est un rebelle.
Conséquence, c’est lui qui se fait la malle, pas le contraire!-, il a l’air
aigri «I’m Sorry for you/ I’m not sorry for me» suivi de «I’d kick
your ass like I said I would» oooooooooohhhh!); et après un titre qui
doit servir de sommet du disque et qui reprend le «I have a dream» de
Martin Luther King, on termine sur une troisième ballade en apothéose (avant le
générique de fin), qu’il débute au piano… This I Love… putain il est
tellement à fond que ça fait peur, ça sonne comme Meat Loaf (le clip avec les hélicoptères…)(Axl se rend compte
qu’il a fait une erreur. Finalement il se sent un peu «Sorry for lui» aussi)…
Autant dire que November Rain à côté, ça sonne comme de la pisse de
païen. Générique de fin.
Le problème de Chinese Democracy, c’est que sa
production à la Matrix
qui montrait pourtant le bon chemin à suivre n’évite pas les tics mégalos,
ringards, dépassés, largués et pathétiques qui étaient déjà, rappelons le,
mégalos, ringards, dépassés, largués et pathétiques en 1991. En clair, Chinese
Democracy, c’est un peu comme si on lançait aujourd’hui une suite à Top
Gun. On aurait beau y mettre toute la technologie du futur, ça ne passerait
pas/plus. Pourquoi? Parce que les années Reagan sont bien finies. Miami Vice,
le Marlboro Man, les Stetson Boots, la frime à deux balles, l’American
Way Of Life, appelez ça comme vous voulez, on en a bouffé jusqu’à l’overdose,
et bien plus longtemps qu’on aurait dû! Alors maintenant qu’en plus le cowboy a
viré son cul de la
Maison Blanche, y a plus aucune raison pour qu’on se retape
ça. Or, dotés d’un son OuftiHX ou pas, les Guns N’ Roses ne
représentent en 2008 rien d’autre que ce qu’ils représentaient déjà en 1988,
1992, 1998, 2000 ou 2005: iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIHHHNNNNNNNNNNN!!!!
Ni plus, ni moins.


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