Eagles of Death Metal : Heart On




Gimmick de critique rock épisode 6 : le groupe de scène

Un jour, les Rolling Stones vont
s'arrêter de tourner… Si si c'est juré. Le plus grand groupe de Rock N Roll
du monde (selon les journalistes de RTL seulement) va bien finir par jeter
l'éponge. A force de faire le mariole avec Jack Sparrow, cette grande gigue de
Keith Richards n'aura fatalement plus la force de secouer le cocotier bluegrass
(à défaut de grimper dessus). C'est obligé. Alors quel choix va-t-il se poser
pour tous les fans grisonnants? Supprimer le concert annuel de leur emploi du
temps. Ou trouver un remplaçant pourvoyeur de riffs pseudos incendiaires. Ca se
bouscule déjà au portillon pour la succession. Et bien, nous avons trouvé le
substitut idéal. Ce groupe s'appelle les Hives
et est originaire de Suède. Le meilleur copier/coller des années 2000.

Les Eagles of Death Metal vous
dites??? On y avait pensé aussi mais on voit mal Laurent Haulotte cautionner
une pareille bande de déglingués congénitaux. Jesse Hugues (guitare-chant) est
une réincarnation de Bratt Pitt brillantiné qui aurait passé trop de temps dans
une station service du Midwest. Dave Catching (guitare) a un réservoir de
Crystal Meth collé au Stetson. Sans parler de Josh Homme et sa fâcheuse
habitude de balancer sa budweiser au moindre kid qui aurait critiqué sa mise en
pli… En plus, il pourrait envoyer Big Hands (basse) et ses paluches démesurées
étrangler ledit marmot. Tout cela risque de déplaire aux quinquas qui emmènent
le petit dernier à la grand messe stonienne,
c'est sûr.

Et pourtant ils mériteraient cet adoubement scénique. Pour y avoir souvent
gouté, on peut vous dire qu'un concert des EODM est toujours un grand moment.
Surtout lorsque Samantha Maloney (ex-Hole) martelait les fûts en envoyant valdinguer
ses baguettes. Ou que Tim Vanhamel apportait sa touche dadaïste typiquement belge.
Un vrai show interactif mené de main de maître par Jesse – il y a plein de trucs illicites dans ma moustache et je n'hésite pas à
me servir
- Hugues.

Et en ce qui les concerne, la sortie d'un album n'est toujours pas un pur
prétexte pour repartir en tournée… Heart On est le premier LP
pleinement maîtrisé du groupe. Juste un peu moins fantaisiste que Peace, Love, Death Metal et moins
percutant que Death by Sexy. La
production y est particulièrement soignée mais le cachet rock qui suinte reste
estampillé de manière inoxydable. Les textes triturent encore et toujours le
mythe de l'hédonisme californien. Sans abandonner l'humour potache caractéristique
(Heart On ou Hard On?) mais en y ajoutant une surprenante dose de spleen. Sur la
vacuité de cet univers clinquant et ses relations sans lendemain. Comme si ces
bâtards sensibles avaient trop écouté Morrissey
en boucle sur Sunset Boulevard. Pour peu, ils tourneraient leur langue sept
fois dans leur bouche au lieu d'attaquer direct l'entrejambe à la bonne vieille
flamme moyenâgeuse. Once your heart's broken, that will do, I only want some
pieces of you, make believe
(Heart On). No One's gonna hold my hand, It's
got a full time occupation
(Solo Flights). Cela ne sent pas le mojo
rugissant. Et tout est dit avec Now I'm a
Fool
. La chanson parfaite du desperado californien. Presque le pendant idéal
du No Pussy Blues de Grinderman. Palmtrees and fun,
fabulous sun, Hollywood's always like that, but nothing is free, even words that
you can feel it's just illusion.

Heureusement, le bon vieux Jesse est de retour sur les fantastiques Cheap Thrills et (I used to couldn't dance) Tight Pants. Prêt à commettre le murder on the dancefloor. Now I am on
fire showing the ladies what to do, check it tight pants.
Comme à son
habitude, Josh Homme vient à peine pousser la roupille de chansonnette sur le
strident I'm Your Torpedo. Faudrait
tout de même qu'il arrête de nous faire croire qu'il met ses deux projets
musicaux sur le même plan de travail…

Juste un petit message pour les vieux fans des pierres qui roulent. Les
Eagles of Death Metal n'interprètent pas Hotel
California
entourés de chandeliers mortuaires, ni Witchy Woman en se gargarisant avec du sang de bouc castré. Il
s'agit juste du seul band en activité sachant encore utiliser les clichés 60s à
bon escient. Et cela beaucoup mieux qu'Howlin Pelle des Hives et ses manières
de singe neurasthénique. A engouffrer absolument…

 

                                                             
Wannabe In L.A.

 

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