Telepathe : Dance Mother
N'y
allons pas par quatre chemins, Dance Mother, le premier album des nouvelles
protégées de Dave Sitek, est une belle daube. Sans doute imputable à la
jeunesse et l'inexpérience des principales intéressées, Busy Gangnes et Melissa
Livaudais, duo œuvrant sous le nom Telepathe,
mais surtout à un manque d'inspiration des plus flagrants. Proposant une
musique électronique sous forte influence eighties, le duo new yorkais ne se
contente pas de jouer avec la panoplie faramineuse des synthés vintages du
binoclard de TV on the Radio avec
une complaisance défiant toute notion de bon gout, il se pare également
d'influences hip hop ô combien incontournables en ces temps qui voient un Timbaland
ou un Switch figurer parmi les producteurs les plus en vue du moment. Non contentes de
faire du mauvais ADULT. ou du
mauvais High Places, elles font donc
également du mauvais M.I.A. Ce n'est
pas totalement inécoutable, rendons-leur cela, mais tout ça n'a surtout
strictement aucun intérêt…
Recyclant
trèèèès mollement toute la hype du monde (même Animal Collective y a droit), poussant
des Oh ! et de Ah ! à n'en plus finir sous une avalanche épuisante de
chœurs éthérés nappés de synthés dégoulinants et superfétatoires, les deux
jeunottes ne suscitent qu'un ennui qui peine à rester poli. En ce sens, choisir
d'appeler un tel cachalot invertébré DANCE
Mother a tout de la très mauvaise blague. Dansant, le premier rejeton taré
de ce qui risque de devenir la plus grosse baudruche hype de ce début d'année,
l'est autant que du Nick Drake ! Allez, soyons honnêtes jusqu'au bout, Devil's Trident réussit à nous tirer de
la torpeur dans laquelle nous plonge les huit autres pistes qui émaillent de
leur terne éclat ce soufflé qui tombe à plat. Un sur neuf, c'est peu. Bilan malingre
sur lequel il n'est pas vraiment nécessaire de s'appesantir. Vous aurez compris
qu'il est tout à fait permis de faire comme si tout ceci ne s'était pas passé.
Ce n'est pas aussi impressionnant que la transmission de pensée et la communion
universelle à la
Christophe Lambert à la fin de HIGHLANDER, certes, mais le
pur et simple oubli collectif est aussi un processus psychique qui peut rendre à
l'occasion de très estimables services.
So Fine


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