The Pains of Being Pure at Heart: The Pains of Being Pure at Heart

Big
Apple continue de nous inonder de projets divers et variés avec une constance
que rien ne semble pouvoir faire faillir. Constance qui, heureusement, se
conjugue avec un éclectisme assez réjouissant. Électro, garage, noise,
expérimental, hip hop, revivaliste et que sais-je encore ? : le
paysage musical de la cité se peint des couleurs les plus variées et les plus chatoyantes.
Dans ce contexte ouvert à toute inspiration, The Pains of Being Pure at Heart sort à son tour du placard pour disputer
le titre, détenu depuis l'an dernier par les jeunots de Vampire Weekend, de
sensation pop-rock de début d'année. Également salué dans ses premiers
balbutiements par les critiques de la toile (Pitchfork en tête, jamais à court
de superlatifs quand il s'agit de lancer le buzz), le groupe débarque avec la
même candeur de la jeunesse et ce bel enthousiasme de ceux qui ont tout à
gagner et rien à perdre, tout à prouver et personne à décevoir. On pourrait
jusqu'au bout épuiser les comparaisons avec la bande aux dents longues d'Ezra
Koenig mais, si le contexte d'apparition est similaire (celui des groupes nés
sur le net), la comparaison ne tient pas musicalement. Ce ne sont pas les
mannes de Talking Heads ou de Paul Simon qu'invoque le quatuor mais celles
venues d'outre-Atlantique de The Smiths et My Bloody Valentine.

U.K.
et U.S…. derrière la proximité phonétique se cacherait-il une proximité de
sensibilité ? Y'a-t-il encore un sens à vouloir parler d'identité musicale
nationale ? Dans un monde où toute nouvelle production culturelle est à un
clic de chez vous, rock anglais et rock américain ont-ils encore une
spécificité propre ? TPOBPAH, et son nom qui sonne comme un mauvais
pastiche d'un drame romantique allemand, pose indirectement la question à
travers ce premier album. Ce n'est pas moins que dix, vingt ans de tradition
musicale britonne que celui-ci explore. De la Twee-pop au Shoe-Gaze, de
The Jesus and Mary Chain (Gentle Sons, citation quasi-littérale de
Just like Honey) à The Stone Roses (The Tenure Itch), le tout avec une sensibilité pop très sure et un
enthousiasme qui fait facilement fondre les réticences. Les mélodies sont
amples et belles, la rythmique est leste et entrainante. Le son est doux et
délicatement saturé, vibrant et compact, soutenant parfaitement les harmonies
vocales du duo Kip Berman et Peggy Wang qui ne sont pas sans évoquer celles,  au hasard, de Los Campesinos ! ou Camera Obscura. The Raveonettes,
The Magnetic Fields,… ce ne sont pas les premiers à avoir voulu réinterpréter les eighties
de la perfide Albion, mais les new yorkais le font de manière suffisamment
brillante que pour ne pas faire regretter le relatif manque d'originalité de
leur musique. C'est de la pop intelligente et sensible, directe et franche (des
titres tels que This Love Is Fucking
Right !
ou A Teenager in Love
donnent une bonne idée de l'enthousiasme ambiant) ; ils sont jeunes, ils
sont décontractés, ils brassent une sensibilité limite neuneue (le susmentionné
A Teenager in Love et son petit coté Hall & Oates parfaitement délicieux)
avec un bonheur qui semble naturel. Comme Vampire Weekend ? Pourquoi
pas ? Mais aussi comme Clap Your Hands Say Yeah, alors. Des premiers
albums tels que celui-ci, en tout cas, ont tout de la bonne carte de visite dans
le monde surpeuplé de la musique indépendante. Sortir du lot malgré la surenchère
actuelle n'étant en soi pas une mince affaire. A ce petit jeu, The
Pains of Being Pure at Heart s'en tire avec un brio certain.

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