Whiteout

Une femme U.S. Marshall domiciliée en Antarctique voit sa paisible vie basculer le jour où elle est amenée à enquêter sur sa première affaire de meurtre.
Le cinéma américain, il y’a les pour et les contres. Sur FAKE, on est vraiment pour, sauf quand c’est Dominic Sena qui réalise. L’homme, à qui l’on doit des “joyaux” tels que Gone in 60 Seconds ou l’incroyablement mauvais Operation : Swordfish est un peu ce que Uwe Boll est au cinéma allemand : une tare. Depuis le début de sa carrière, Sena n’a cessé de donner raison aux critiques visant le manque d’originalité des récentes productions américaines. Et après avoir vu Whiteout, force est de constater que ça n’est pas près de changer.
Whiteout est un thriller long et laborieux, peinant à susciter ne serait-ce qu’un début d’intérêt chez le spectateur. L’histoire, simple au possible, n’est en fait qu’un long téléfilm RTL déplacé en antarctique. L’intérêt est proche du néant puisque jamais Sena semble s’y intéresser, si ce n’est pas des décors modélisé en 3D d’une laideur incomparable. Seul le grand Dominic pouvait rater un plan d’une aurore australe et rendre ça mièvre. Mais surtout, son manque de talent passe après deux films ayant plus ou moins le même décor : Insomnia (d’Erik Skjoldbjærg ainsi que le remake de Christopher Nolan), qui nous faisait apercevoir des silhouettes inquiètantes dans un décor d’un blanc immaculé, et 30 Days of Night, pour les scènes de pénombre constante. Deux films réussis, faut-il le préciser?
De plus, le réalisateur est pris à son propre piège puisqu’il se voit contraint de dealer avec les impératifs de son décor. Je fais allusion notamment aux différentes courses-poursuites qui jalonnent le film. Il est évidemment impossible de courir dans le grand froid, quand il fait -55° et que des rafales de vents vous glacent le corps. Et vu que les héros n’ont pas intérêts à se paumer une fois à l’extérieur, toutes les courses poursuites se font à l’aide d’un mousqueton attaché à une corde. Le résultat est alors proche de la course-poursuite parodique du dernier OSS 117, c’est à dire des scènes molles et longues, et qui provoque non pas un petit suspense mais bien l’hilarité générale.
C’est ne là qu’un des nombreux défauts d’un film raté et sans enjeux. Reste la jolie Kate Beckinsale, qui peine à tenir le film sur ses épaules. Il faut dire que la belle n’est vraiment pas aidée. Le casting est mauvais, sa perruque est ridicule et les dialogues, qui oscillent entre Les Experts : Miami et les Feux de l’Amour, finissent par l’achever lâchement au sol. Un peu à l’image du réalisateur, qui continue de frapper ce qu’il reste du cinéma grand public américain, même quand celui-ci agonise à nos pieds.
Retrouvez les horaires des séances par ici et la bande-annonce ci-dessous.


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