The Imaginarium of Doctor Parnassus

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Le docteur Parnassus, un homme immortel âgé de 1000 ans, est à la tête d’une troupe de théâtre ambulant qui offre au public l’opportunité d’aller au-delà de la réalité en franchissant un miroir magique. Parnassus possède le don de guider l’imagination des autres suite à un pacte scellé avec le Diable. Or le Diable vient désormais récolter sa part du contrat, c’est-à-dire la fille du docteur, Valentina. La troupe, aidée par un mystérieux étranger nommé Tony va voyager à travers des mondes parallèles pour sauver la jeune fille.

Une fois de plus Terry Gilliam a vu s’abattre sur son dernier film une pluie de mésaventures. Un accident de voiture pendant la postproduction, la mort de son producteur William Vince à la fin du tournage et surtout le décès de Heath Ledger. L’acteur, que la plupart des spectateurs venaient seulement de découvrir avec des films tels que Brokeback Mountain ou The Dark Knight laissait alors une équipe de tournage et un réalisateur dans le doute. Fallait-il tout arrêter, au risque de reproduire le même schéma que pour The Man Who Killed Don Quixote, le non-film désormais célèbre de Gilliam? Ou bien continuer et perdre les scènes tournées par Ledger? C’est une troisième option que choisit le réalisateur maudit. En profitant d’un miroir, objet important du film permettant de basculer dans l’imaginaire du Docteur Parnassus, il s’offre le luxe de garder les scènes tournées par l’acteur et ajoute au casting trois de ses amis : Jude Law, Johnny Depp et Colin Farrel. Tous interprètent le même rôle, et rendent un vibrant hommage à l’acteur décédé trop tôt.

Mais cette jolie histoire se concluant au générique par un génial “A film from Heath Ledger and friends” n’est pas le seul atout du film, bien au contraire. Comme d’habitude chez Terry Gilliam, on entre dans un univers si particulier et attachant qu’il est difficile d’en sortir. Malgré un manque évident de moyen au niveau des effets spéciaux, on s’embarque dans une aventure haute en couleurs et dotée d’un casting 5 étoiles. Aux côtés d’Heath(s), on retrouve Chistopher Plummer, Verne Troyer (pour ce qui restera sans aucun doute comme son meilleur rôle, loin des pitreries d’Austin Powers) mais aussi la top Lili Cole et surtout Tom Waits en diable absolument savoureux. Entre les allées et venues à travers le miroir, s’enchainent des paris et autres flashbacks nous permettant de plonger à notre tour dans l’imaginaire de ce fameux Parnassus. Ne pouvant s’empêcher de parier avec le diable, il se retrouve dans une course contre la montre insolite à base de récolte âmes. Ce joli monde se donne à fond pour donner vie au projet de Gilliam à tel point que la bonne ambiance qui règne dans le film se ressent à travers l’écran.

Bien qu’il risque d’en dérouter plus d’un, The Imaginarium of Doctor Parnassus est un film à ne rater sous aucun prétexte. Laissez vous embarquer par Gilliam et son équipe dans un monde plein de surprises. Comme un plongeon dans une oeuvre surréaliste de Magritte, ce film maladroit, mais tellement authentique ne vous laissera pas indifférents. Après un Tideland moyen et un Brothers Grimm raté, il marque le retour d’un réalisateur donc l’imagination et le talent n’a d’égal que celle de son personnage principal. Et ce n’est franchement pas rien.

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