The Wolfman
Un homme, de retour dans son Angleterre natale, se fait mordre par un loup-garou. Mi-homme, mi-bête, il est désormais contraint de mener une existence régie par les phases de la lune…
La dernière fois que Hollywood a fait appel à des loups-garous, c’était dans les désastreux Cursed et Van Helsing, vaines tentatives (respectivement de Wes Craven et Stephen Sommers) de ramener cette créature mythique sur grand écran. Il faut avouer qu’aujourd’hui, seuls les vampires semblent trouver grâce à nos yeux (ou du moins aux yeux des ados boutonneux). Adieu loups-garous, Frankenstein et compagnie, il faut aujourd’hui faire face au monopole des suceurs de sang. Pourtant, Joe Johnston a décidé de ressortir le loup de sa tanière. Le vrai de vrai, le loup-garou poilu, violent et hurlant à la lune à chaque transformation.
Était-ce pour autant une bonne idée? Hum… pas vraiment, non. Avant de continuer, je tiens à préciser que Joe Johnston est certes le réalisateur du sympathique “Rocketeer”, mais qu’on lui doit également Richard au Pays des Livres Magiques (mais si, souvenez-vous…), Jumanji, October Sky et Jurassic Park III. Et pour un type qui n’a réalisé que 8 films, ça fait déjà beaucoup de merdes, vous ne trouvez pas?
Bref, après une introduction plutôt efficace à base de coups de griffes et autre décapitation en pleine forêt, nous voici dans un Londres plongé dans la peur. Une bête mystérieuse rôde et deux blaireaux sont sur le coup : Benicio del Toro, et Hugo Weaving, qui nous refait l’agent Smith de Matrix, même voix, même ton, mêmes répliques. Remplacez juste “Mister Anderson” par “Mister Talbot” et vous y êtes. Très vite, Del Toro se transforme lui aussi et transforme également ce “simple film de loup-garou” en “film de loup-garou par Joe Johnston”. Et croyez-moi, il y a là une énorme différence. Les acteurs se contentent du strict minimum (n’est-ce pas Monsieur Hopkins…), les clichés s’accumulent à une vitesse folle et le scénario part en vrille au point de filer la migraine aux rares ayant osé s’accrocher.
Pourquoi Del Toro joue si mal? Et pourquoi son personnage ne trouve pas qui est l’autre loup-garou? Oh et pourquoi a-t-il peur de l’affronter dans la scène finale, puisqu’il est lui aussi un loup-garou? Oh, oh, et pourquoi Emily Blunt parcourt toute la campagne anglaise sur son beau cheval pour rien? Oh et pourquoi je suis encore devant ce film de merde? J’en passe et des meilleures. Autant vous dire qu’il s’agit là de questions qui resteront sans réponses. The Wolfman est donc une tentative ratée de plus qui, à force de vouloir revenir aux bases du personnage, en oublie les codes cinématographiques d’aujourd’hui. Reste la transformation, plutôt sympathique, mêlant effets spéciaux et maquillages à l’ancienne. Mais dans un film aussi long et chiant, ce n’est qu’une trop maigre consolation.
Ça m’apprendra à aller voir un film du réalisateur de Jumanji…



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