Alice in Wonderland
Alice, désormais âgée de 19 ans, retourne dans le monde fantastique qu'elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve ses amis et s'embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge.
J'aimais bien Tim Burton. Il a réalisé quelques bons films (rahh Beetlejuice, Batman, Mars Attack !) et puis pof… plus rien. Mais pour les fans absolus, le maître est toujours au top. Et je ne sais pas ce qui est le plus casse-couille : le fait que Burton ne fasse plus que des merdes, ou ses fans acharnés, qui défendent son "univers" avec mauvaise foi? Probablement les deux. Et pour cette nouvelle version d'Alice, j'peux vous dire qu'ils se sont déchaînés. Burton signe son film le plus épouvantable et les fans le remercient en lui garantissant un succès injustifié au box-office. Qu'on m'amène une corde…
Bon, qui dit nouveau film dit nouvelle adaptation. Ben oui, le Burton il a peut-être son "univers" (vous remarquerez le peut-être et les guillemets, hein, faut pas déconner) mais l'originalité niveau scénario, c'est pas son truc. Alors après avoir adapté Batman, Charlie, Sweeney et compagnie, Timmy revient au vaisseau mère qui l'a vu naître : Disney. Et quel dessin animé du studio aux grandes oreilles (ça ne vous énerve pas vous, les gens qui disent "le studio aux grandes oreilles"?) se rapproche le plus de "l'univers déjanté" de Timmy? Bingo ! Alice aux pays des merveilles, en chair, en os et en 3D. Parce qu'à Hollywood, une oeuvre réussie se doit d'être pourrie un jour où l'autre, même si c'est 60 ans plus tard.Outre les adaptations, Timmy a également d'autres manies. Comme celle de niquer l'image de Johnny Depp film après film. Et inversement, tenter de rendre Helena Bonham Carter, sa femme, plus sympathique en la casant partout, tout le temps. Et une fois de plus c'est raté. Johnny Depp surjoue comme jamais. Après un Willy Wonka sous acide et un Sweeney Todd morbide, le duo TB/JD nous offre un mélange entre Vanessa Paradis et Madonna, MAIS avec un chapeau (bah ouais, faut justifier le rôle de Chapelier Fou). Génial, les fans vont a-do-rer. Et Helena Bonham Carter? Non seulement elle ne sait toujours pas jouer, mais son génie de mari a eu la magnifique idée de lui flanquer une tête énorme. Vous savez… son "univers", tout ça. Trop décalé ce Tim Burton.
Le reste du casting se passe franchement de commentaires. Entre une Alice fade et une reine blanche exaspérante (je défie quiconque de ne pas vouloir lui mettre une tarte dans sa gueule), on n'est franchement pas dans la merde.Mais ce n'est que le début. Et oui, on adapte Alice, c'est bien tout ça. Mais au final, ça donne quoi? Et bien j'adore Alice, mais ça, ce n'est pas Alice aux Pays des Merveilles. C'est Alice : The Lord of Narnia. Un mélange improbable entre l'univers de Lewis Caroll et celui de l'héroïc fantasy pour ado, Narnia-Style. Non seulement l'histoire n'a quasiment plus rien à voir avec l'original, mais cette nouvelle version se permet d'être prévisible et clichée, annonçant après 15 minutes la dernière scène du film. Du jamais vu. Qui peut-être aussi stupide pour montrer à son héroïne un dessin de ce qui l'attend dans l'histoire? Personne n'en avait rêvé, mais Timmy l'a fait. Donc en gros ça donne un pitoyable [j'suis (trop) sympa, allez : Spoiler] "Ah Alice, au fait, mercredi tu vas tuer un dragon comme sur ce dessin là, tu vois?". Le pire, c'est qu'elle le fait cette conne. [/Spoiler]
Bon, le casting craint, l'histoire est nulle. Mais c'est bien foutu visuellement, non? Heu… comment dire… c'est juste insupportable. Chaque putain d'élément du film doit avoir un tampon "Tim Burton ©" apposé dessus tant cet imbécile ne connait pas le mot "exagération ". De la moindre branche d'arbre au château le plus gigantesque, tout est rococo au possible. Ok on a compris, c'est le pays des merveilles, pas besoin de nous plaquer le visage dedans pour le comprendre. Le château de la reine rouge est rouge et rempli d'animaux, ok pigé. Celui de la reine blanche est blanc, pigé aussi. Maintenant arrête de saturer chaque recoin de l'image, on étouffe ici ! Ce mauvais goût a d'autant plus de mal à passer quand on connait le prix de la séance, et encore plus pour ceux qui oseront s'aventurer vers le monde magique de la 3D.De tout ce qui s'est fait dans ce domaine, Alice est d'ailleurs un des plus mauvais exemples. Tant pis pour ceux qui, avec ce film, découvriront la joie de la 3D avec des lunettes de 3 tonnes sur le nez. Burton y confond 3D pour le cinéma et 3D pour Disneyland Paris. On est venu voir un film coco, et pas "Chéri j'ai rétréci le public". Alors tes lapins qui balancent des tasses à la gueule des spectateurs, tu te les gardes parce que j'apprécie moyennement.
J'pourrais continuer, vous dire que la BO est insupportable, que les effets spéciaux sont ridicules, que les meilleures scènes du dessin animé sont absentes, que l'intro est moche et complètement superflue. Mais j'ai déjà assez perdu de temps comme ça. Après tout, le test est simple : si vous ne tiltez pas face aux horribles affiches et/ou vous avez aimé les 5 derniers films de Timmy, foncez. On ne peut plus rien pour vous depuis longtemps de toute façon.Les autres, restez avec moi. Et si l'un d'entre vous veut bien allez me chercher cette foutue corde…



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