Iron Man 2

Tony Stark. Toujours multi-milliardaire. Toujours excentrique. Plus que jamais : Iron Man. A l’heure où le super-héros joue l’électron libre sur tous les fronts, le gouvernement américain tente de s’approprier la technologie Iron Man pour la maintenir sous contrôle militaire. C’est finalement dans des mains motivées par une vengeance personnelle que ce pouvoir destructeur va heurter Tony … de plein fouet.

Comme c’est malheureusement trop souvent le cas, cette séquelle au succès surprise que fût IRON MAN en 2008 a vu trop grand. L’histoire d’IRON MAN 2 tire dans toutes les directions et si elle n’avait pas été à ce point involontaire, on serait tenté d’applaudir la mégalomanie de Tony Stark (Robert Downey Jr) comme une mise en abîme de celle de Jon Favreau qui signe ici un film fourre-tout. Le réalisateur qui, pour le coup, s’octroie un véritable second rôle en “étoffant” son personnage du chauffeur-assistant (Happy) est pourtant pétri de bonnes intentions. A vouloir plaire à tout le monde sans rogner sur son plaisir personnel, on tombe dans les mêmes travers qu’un SPIDER-MAN 3, pour ne citer qu’un illustre exemple de gâchis dans le registre qui nous occupe. Après tout, pourquoi se limiter à deux intrigues bien ficelées quand on peut en caser 7 ou 8 ? Pour les mêmes raisons qui font que la dernière des trainées exagérationiste se fera toujours refaire deux seins, aussi monstrueux soient-ils, sans jamais songer à en ajouter une poignée d’autres, disséminés un peu partout sur la poitrine. On a beau aimer les nichons, trop, ça fait désordre. 120 minutes de désordre, ça lasse le spectateur. Un comble pour un film présenté depuis le début comme une injection d’adrénaline, électrifiée par une B.O. qui recycle les standards speed d’AC/DC.

Si on ne compte plus les références parfois très pointues à la mythologie BD du personnage, même le plus geek en arrive à les déplorer tant elles grippent la fluidité narrative du récit. Ce ne sont plus de simples clins d’oeil entendus au fan, mais de véritables tremplins vers d’hypothétiques suites ou des passerelles vers des films adjacents qui déclinent l’univers Marvel (Captain America, Hulk, The Avengers, …). A chaque carrefour, il faut marquer la pause le temps d’une réplique ou d’un plan à priori inutile. Ainsi, le néophyte est presque perdu dans l’espace qu’occupe le personnage de Nick Fury (Samuel L. Jackson qui reprend son rôle limité à un caméo post générique dans le premier film) et les enjeux symbolisés par le S.H.I.E.L.D et la bandante charismatique Natasha Romanoff (Scarlett Johansson). La trame principale est réduite au prétexte minimum, tout simplement parce que Iron Man n’a pas que ça à faire.

Tony doit d’abord régler ses lourdingues conflits existentiels stigmatisés ici par une menace d’ordre technique (un cercle qu’il faut transformer en triangle, passons les détails) et inhérente au héros. Pauvre choix que cette cochonnerie de Palladium toxique, alors qu’il eût suffit de reprendre les problèmes d’alcool que Tony a connus dans la BD, mais à chaque super-héros, sa “Kryptonite rouge” (Voir SUPERMAN 3 ou SPIDER-MAN 3) et c’est, ma foi, un ressort rouillé qui fonctionne encore. Le coup du papa Walt Disney est déjà nettement plus indigeste et, personnellement, je n’ai carrément rien compris à cette histoire de maquette de Disneyland. Toutes ces parlottes grignotent un temps précieux et c’est le développement des seconds couteaux qui trinque, alors qu’on a paradoxalement choisi de les multiplier. Le vilain (Mickey ‘who else?‘ Rourke) est entièrement défini dans la bande-annonce. Le fournisseur d’armes en mode “Sam Rockwell : Greatest Hits” est en charge des transitions entre les – trop rares – scènes de baston, toutes signalées dans le trailer. En réalité, on se retrouve à suivre tout le film en anticipant les étapes qui sont superbement enchaînées… dans la bande-annonce. De quoi être bien frustré, surtout compte tenu du potentiel de la franchise.

Sur les côtés, d’autres misères sont réparties entre ma secrétaire magiquement impossible à sauter (Gwyneth Paltrow) et mon meilleur ami militaire qui veut tout le temps me prendre mes jouets (Don Cheadle, à peine meilleur que son prédécesseur dans le même rôle). Quelques bisous plus tard, tout ce petit monde fait la paix et le monde en fait autant. On partage les joujous même si on n’a toujours rien compris à la séparation entre Iron (l’armure) et Man (Tony Stark). C’était la question la plus intéressante du film, mais la réponse s’est perdue on montage… ça rime avec dommage.

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