A Nightmare on Elm Street
LES GRIFFES DE LA NUIT – Nancy est une ado un peu sombre qui fait des dessins perturbés toute seule dans sa chambre. Un soir, un camarade de classe s'égorge devant ses yeux en délirant. D'autres vont mourir dans des circonstances tout aussi bizarres accompagnées de cauchemars collectifs. Que se passe-t-il dans la petite bourgade sans histoire de Springwood et qui est cet immonde Freddy Krueger qui est capable de tuer les jeunes dans leurs rêves ? Quel horrible secret le lie à Nancy et ses amis ?
Vous vous souvenez de ‘Omar m'a tuer' écrit en lettre de sang ? Bin moi, c'est plutôt ‘Freddy m'a tuer' et pour une fois, l'analogie ne sort pas de mes fesses parce que le nouveau Freddy, il était aussi jardinier avant de revenir du paradis des pédophiles pour découper du jeune sexuellement périmé.
C'est le huitième Freddy. Le neuvième si on compte FREDDY VS. JASON comme un Freddy et pas comme un Jason ou le premier si on accrédite cette putinerie de manie du reboot. Après avoir retouché avec plus ou moins de succès à la majorité des grosses franchises du slasher américain, Platinum Dunes (la boîte à remake horrifiques de Michael Bay) nous refait le premier (et le meilleur) A NIGHTMARE ON ELM STREET daté de 1984. Premier choix, première erreur. Le second va dans la même direction. Jackie Earle Haley (Rorschach dans WATCHMEN) remplace l'éternel Robert Englund jugé trop vieux pour le rôle. Or il ne Suffit pas de se coller une 4 fromages sur la gueule pour incarner Freddy. Wes Craven lui-même l'avait démontré dans son WES CRAVEN'S NEW NIGHTMARE (ou Freddy 7) : Robert, c'est Freddy. Point final. Force est de constater que le gant ne sied à personne d'autre. Aussi couillon qu'il ait pu être ces dernières années, Wes Craven a vraiment bien fait de ne pas cautionner cette lisse cochonnerie qui se situe à des années lumières du film original. C'est une marionnette dont on taira même le nom qui passe derrière la caméra pour filmer du vide anachronique sans la moindre notion de nostalgie ou de recontextualisation. Nous ne sommes plus dans les 80's et ce qui restera l'une des pierres angulaires de toute une génération de films d'horreur représente aujourd'hui le symbole de son déclin achevé. La boucle est bouclée.
Pas subversif, pas malin, souvent lourd et convenu, ce remake nous plonge dans un classicisme médiocre qui pue le déjà vu et l'incompréhension des codes qui ont fondés la série. A commencer par la mythologie complètement bâclée et arrangée selon les décors. J'attends toujours qu'on m'explique comment ce crétin de jeune à bonnet (Kyle Gallner) arrive à s'endormir pendant qu'il fait ses longueurs à la piscine. Une bévue de la sorte, c'est bien plus grave que la mère dégénérée qui se débarrasse de ses photos compromettantes en les cachant sous un tiroir au lieu de les brûler. Des raccourcis comme ça qui ne servent qu'à faire avancer l'histoire à cloche pieds, il y en a tout le temps. Le reste n'est guère plus subtil. Oh ! Une vieille lanterne à gaz qui date de 1994 ! Ne serait-ce pas mon vieil ami chinois qui a décidé de mourir en direct sur son video blog ? Et tiens que je me fabrique une machette avec la vieille trancheuse qui, c'est bien connu, traîne dans toutes les classes de maternelle ou que je trouve logique de me brûler l'avant bras avec un allume-cigare AVANT de penser à me dégourdir les jambes à l'extérieur pour éviter de tomber assoupi ! Tout du long, c'est du grand n'importe quoi et ça ne fait ni peur ni plaisir. C'est juste super chiant à regarder… avec une réserve du côté de l'oeil quand il est posé sur l'affolante Katie Cassidy (qui dort en soutien gorge rembourré, mais passons). En voilà une plutôt agréable à regarder, même si elle risque plus de prendre froid dans cet extrait de MELROSE PLACE que pendant tout le film ! Le comble du film de genre, vraiment ! On aurait voulu que ça s'arrête, mais la suite est déjà en pré-production… et là ok, on a vraiment peur !


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