Trash Humpers [Critique]
Cannes 2010 – Marché du film – Une cassette vidéo longtemps restée enterrée dans le fond d’un jardin contient des images inexpliquées filmées par groupe de personnes vivant à à la marge de notre société et à l’écart de ses contraintes.
Dans la vie, il en faut pour tous les goûts. Alors si vous êtes branché vandalisme, voyeurisme ou viols de poubelles par des déglingués finis à l’urine et TRASH HUMPERS est fait pour vous à condition d’avoir une certaine nostalgie de l’image pourrie des films de vacances tournés en VHS.
Derrière ce titre racoleur se cache un concept dadaïste imaginé par Harmony Korine (réalisateur/scénariste de MISTER LONELY et scénariste de Larry Clark sur KEN PARK et KIDS). Il consiste à présenter les images (on peut à peine parler de film) comme la captation amateur des déambulations d’un groupe de marginaux qui poussent très loin les limites de la sociopathie. Le pitch parle d’une cassette VHS enterrée dans un jardin et c’est son contenu direct qui est présenté à l’écran, brut, sans véritable forme de narration. Pas de scénario. Pas de musique. Peu de dialogues délaissés en faveur de ricanements, de grognements et de cris grinçant qui déstabilisent le spectateur. Même si le mot trash doit être pris dans son sen poubelle, TRASH HUMPERS est réservé à un public averti, voire bien anesthésié de substances plus ou moins euphoriques au préalable.
Au début, on rit facilement des actes de vandalisme décalé ou des situations cocasses filmées dans des endroits étrangement déserts. Sur la durée, l’ennui s’installe. Une forme de malaise involontaire également. Les comportements se répètent et s’aggravent. Un cadavre, une paire de meurtres dérangés, un peu de perversion sexuelle, la déviance s’installe à tous les niveaux jusqu’à la dernière scène du film où le groupe s’introduit de nuit dans une maison pour y enlever le bébé qui sera traité comme une poupée (à moins que ce ne soit l’inverse). Ca se voudrait choquant, mais c’est moins fun, juste chaotique et irritant. Dans les moments les plus inspirés, on pense au gang d’Alex dans A CLOCKWORK ORANGE. C’est plutôt une version grabataire de ce goupe de délinquants qui auraientt forniqué avec les IDIOTS de Lars Von Trier jusqu’à dégénérer et régresser en vieillissant en marge de la société. Bien qu’expérimental, le concept est réaliste, mais on regrette que le film ne mette pas en scène de vrais vieux. A la place, les acteurs sont grimés derrières des prothèses grotesques. Ce sont des monstres trop éloignés d’un physique crédible et ce rappel à la fiction a plutôt tendance à desservir le film ou les images, selon la définition plus ou moins large que vous avez du Cinéma.



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