Wall Street 2
WALL STREET : L'ARGENT NE DORT JAMAIS – Gordon Gekko a passé 8 ans en prison pour délit d'initié, mais le gourou de Wall Street est de retour. Il semble s'être assagi et n'aspire qu'à renouer avec sa fille qui lui reproche le suicide de son frère. Jacob Moore, futur gendre de Gordon et trader lui-aussi, va jouer les entremetteurs selon les termes d'un pacte. Jacob aidera Gordon à condition que ce dernier lui permette d'exercer une vengeance boursière contre un vieil ennemi commun aux deux hommes…
23 ans après WALL STREET, Oliver Stone a jugé nécessaire de préciser un message qui n’a pas toujours été bien perçu en 1987. Lui-même, fils d’un agent de change, le réalisateur de JFK voulait dénoncer les dérives de cette profession et dégoûter son public d’une finance motivée par le seul appât du gain. Or, son conte moral a plus d’une fois suscité des vocations et pas seulement à cause du charisme de ses acteurs. La crise financière de 2008 représentait un excellent prétexte pour sortir Gordon Gekko (Michael Douglas) du placard et permettre à Oliver Stone de réaliser sa première séquelle en presque 40 ans de carrière. Deuxième couche.
On s’en doute, l’argent gagné ou risqué au détriment d’autrui, c’est mal. Or l’avidité est partout. Greed is good clame Gordon Gekko et l’argent ne fait pas le bonheur reste une expression principalement utilisée par les pauvres. C’en est tellement trop que ça ne peut plus durer ! Le coeur et la justice doivent triompher ou ce sera la fin des petits oiseaux qui chantent ! Le film insiste surtout sur la notion d’aléa moral à savoir la prise de risques inconsidérés par des banques qui sont convaincues que l’état viendra à leur secours en cas de crise. Et de l’aléa moral, Stone t’en fait bouffer en salade, en plat et en dessert. Et comme boisson, il te saoule aussi avec ça et une histoire de réconciliation entre un Gekko repenti et sa fille gauchiste qui veut donner aux oeuvres tout l’argent sale hérité du papa. Elle sort avec le crétin bouclé préféré d’Hollywood, j’ai nommé Shia LaBeouf (INDIANA JONES IV). On le taquine, mais il n’est pas trop nocif au film, il s’en sort même plutôt bien à la différence de Michael Douglas venu pour le gros bonus et les permanentes gratuites. Gekko a bien changé, mais comme c’est aussi le propos du film, on ne va pas trop remettre ça sur le manque d’enthousiasme de l’acteur.
Parfois maladroit dans ses effets de montage et surtout dans sa fin pleurnicharde et vaudevillesque, le film fonctionne néanmoins comme une nouvelle fable sur l’argent et le pouvoir des institutions bancaires. Nourri par un beau nombre de caméo (dont celui de Charlie Sheen qui revient 30 secondes dans le rôle de Bud Fox), une première partie accrocheuse et des dialogues bien sentis, j’étais sur le point de vous recommander cette suite comme un détour sympathique alors qu’en réalité, le film a juste le mérite de ne pas trop m’avoir fait chier. WALL STREET : MONEY NEVER SLEEPS aurait tout aussi bien pu être sous-titré MONEY FOR NOTHING et il relève à peine le niveau des dernières réalisations d’Oliver Stone. Mais au cinéma comme en bourse, toute rehausse est bonne à prendre, aussi minime soit-elle.
(vu dans sa version longue de 136 min et en grandes pompes à l'occasion de la 63e édition du festival de Cannes)


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