Tournée
ON TOUR – Producteur de télévision parisien à succès, Joachim avait tout plaqué pour repartir à zéro en Amérique à l’aube de ses quarante ans. Il revient avec une tournée de strip-teaseuses « New Burlesque » à qui il a fait fantasmer la France… Paris ! De port en port, l’humour des numéros et les rondeurs des filles enthousiasment les hommes comme les femmes. Et malgré les hôtels impersonnels, leurs musiques d’ascenseurs et le manque d’argent, les showgirls inventent un monde extravagant de fantaisie, de chaleur et de fêtes. Mais leur rêve d'achever la tournée en apothéose à Paris se brise en éclats : la trahison d'un vieil "ami" fait perdre à Joachim la salle qui leur était promise. Un bref aller et retour dans la capitale s'impose, qui rouvre violemment les plaies du passé…
Né dans les années 20, le burlesque, genre profondément américain, connait depuis quelques années un revival important appelé le new burlesque. Dita Von Teese, figure de proue people du mouvement, a permis d'en élagrir les frontières. Aujourd'hui, Mathieu Amalric y consacre son quatrième film en tant que réalisateur et nous emmène sur les routes de France accompagné de danseuses aux noms évocateurs.
C'est donc en compagnie de Mimi Le Meaux, Kitten on the Keys, Dirty Martini, Julie Atlas Muz, Evie Lovelle et Roky Roulette qu'a débuté la compétition cannoise. Et d'emblée, cette petite troupe marque les esprits et se révèle être la principale force du film. Tour à tour exubérantes et fragiles, elles se dévoilent sans tabous devant la caméra d'Amalric, celui-ci lorgnant de temps à autre vers le documentaire. L'idée est évidemment très bonne et offre au film ses meilleures scènes. Chaque spectacle a d'ailleurs été tourné devant un vrai public qui, en échange des droits à l'image, assistait gratuitement à la représentation. L'astuce permet d'éviter des scènes répétées devant un public composé de figurants venus simplement toucher un peu de fric et découvrir l'envers du décor et assure au film une authenticité bienvenue.
Malheureusement, c'est du côté du scénario que se perd l'acteur-réalisateur. Si l'idée de la tournée lui permet d'enchainer les spectacles et leurs coulisses, Amalric s'enfonce avec une histoire tournant autour du passé de son personnage. Bien qu'elle permet à l'acteur de briller, cette storyline se révèle plutôt inutile et vient casser le rythme du film. Ses allers-retours vers Paris sonnent comme une perte de temps nous éloignant de la troupe et n'offrent que très rarement de bonnes scènes (notamment la discussion avec la pompiste de chez Total). Le reste étant assez mal joué, cette tentative de rédemption un peu creuse plombe définitivement le film, l'empêchant d'atteindre pleinement son but. Dommage, ça n'aurait pas fait de mal au cinéma français d'avoir un film vraiment réussi…
(P.S : Oui, j 'assume pleinement le jeu de mot foireux dans mon titre)


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