Rubber
Dans le désert, un pneu maléfique se soulève et il n'est pas content. Bien décidé à détruire tout ce qu'il rencontre sur sa route, le pneu roule d'un carnage à l'autre sous l'oeil attentif d'un groupe de spectateurs qui l'observent a distance. Derrière leurs jumelles, ils se croient en sécurité, mais le danger les guettent eux-aussi…
Dans un festival où on ne compte plus les occasions d'assister en smoking à la misère du monde, une histoire de pneu qui explose tout ce qu'il croise en utilisant des pouvoirs psychokinétiques mortels, est accueillie comme une cuillerée de miel après un bol de jus de chaussette.
Quatre ans après le surprenant STEAK, Quentin Dupieux aka Mr Oizo nous revient avec un deuxième long métrage et une nouvelle avancée dans l'absurde. Cette fois, le réalisateur embrasse complètement l'identité américaine de son film qu'il situe dans le désert californien avec un casting uniquement composé d'acteurs ricains, tous impeccables dans les clichés qu'ils incarnent.
RUBBER est une comédie gore et légère, mais l'idée seule suffit à peine pour un court-métrage. Grâce à ses influences (notamment du côté de la logique alambiquée d'un Charlie Kaufman), Dupieux introduit heureusement des éléments originaux qui serviront de liant à cette histoire et limiteront l'effet rébarbatif de la répétition. Je ne dis pas que RUBBER soit autre chose que des têtes qui explosent et un pneu qui se limite à tomber et rouler plus ou moins vite entre les coups. Ca, c'est le produit vendu et Dupieux ne nous arnaque pas sur la marchandise. Il a simplement le chic de nous présenter cette idée dans un emballage soigné fait d'une mise en scène éloquente et d'une B.O. qui l'est tout autant. Avec une astuce en plus.
Dès l'introduction, RUBBER est annoncé comme un hommage au no reason, à toutes ces choses qui ne s'expliquent pas dans les classiques du cinéma et qui arrivent sans raison particulière. C'est peut-être un prétexte facile pour se laisser aller à du n'importe quoi, mais c'est surtout très malin comme avertissement. Ne vous cassez pas la tête et laissez vous guider dans un trip décalé. Ca fleure le David Lynch, mais ce n'est pas du Lynch puisque, on vous le dit, il n' a pas de raisons pour réfléchir. Ca sent surtout le film culte à regarder entre potes et la bombe à festivals.
RUBBER fait d'ailleurs partie de la Semaine de la Critique et c'est bien dommage qu'il ne soit pas en Compétition Officielle parce que le pneu aurait eu toutes ses chances de remporter le prix d'interprétation cette année… Pourquoi ? Je devrais vous répondre no reason comme dans le film, mais il se trouve que dans l'histoire récente du festival de Cannes, il y a une raison et elle s'appelle INDIGENES …
(Extrait)



Ajouter un kommentaire