Des Hommes et des Dieux
OF GODS AND MEN – Dans un monastère algérien, des moines cisterciens français vivent en
harmonie avec leurs frères musulmans. Quand une équipe de travailleurs
étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe
dans la région. L'armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci
refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les
entourent, les moines décident de rester coûte que coûte et de continuer leur activité charitable au péril de leur vie…
Ca vous excite vous la messe du dimanche ? ou encore mieux, les versions longues de Noël ? Moi ça me fout le Shining, mais visiblement, le sujet semble passionner Xavier Beauvois (N’OUBLIE PAS QUE TU VAS MOURIR) qui embarque Lambert Wilson et Michael Lonsdale parmi d’autres, dans une histoire librement inspirée d’une histoire vraie… et dramatique. Printemps 1996. 7 moines trappistes de Tibhirine sont exécutés dans des circonstances ambigües. GIA ? Bavure de la sécurité militaire algérienne ? La manoeuvre a certainement contribué à décrédibiliser les intégristes islamistes aux yeux de l’opinion publique, mais était-ce là son but ? La question vaut la peine d’être approfondie, mais si le film fait mine d’emprunter cette voie, il est chaussé de sandalettes et il s’arrête bien avant le terminus de ce chemin rocailleux. Contemplatif et bavard, DES HOMME ET DES DIEUX nous décrit la période ayant précédé le drame. La vie de monastère, les chants des moines. Tout ça.
Alors bien sûr, on ne pourra pas reprocher à DES HOMMES ET DES DIEUX (un titre qui se la pète quand même bien) sa justesse de ton ou son réalisme… et c’est bien là le problème parce que quand on y réfléchit, la vie chaste, pieuse et reclue dans un monastère perdu au milieu de la misère algérienne, c’est tout sauf bandant. Si c’était le Club Med, Nous serions tous tentés d’aller y faire un tour. Hypocrisie cannoise mise à part, ce n’est évidemment pas le cas et ces moines là, ils n’offrent ni bières spéciales, ni fromages puants pour faire passer le temps. Vu que le film adopte un point de vue comme si on y était, on s’y emmerde.
Jugez plutôt : la seule scène d’action du film, c’est une "parodie" de la dernière Cène avec les moines qui pleurent et qui boivent du vin sur la B.O de Dracula (le Bela Lugosi de 1932 ou Le Lac des Cygnes si vous voulez vous la jouez tuxedo comme de par ici). Apparemment, cette séquence sans dialogues serait incroyable. De l’expressionnisme pur. Un sommet d’émotion. Elle est juste pompeuse et dès que je vois un moine, je le tape avec une brique pour lui chourrer son pain complet, parce que DES HOMMES ET DES DIEUX m’a surtout fait détester les hommes (les dieux, ça fait longtemps que je m’en fous). Heureusement, Michael Lonsdale (AGORA) tire son épingle du jeu dans le rôle du moine médecin. L’acteur polyglotte est souvent bon, il s’en tire avec les honneurs une fois de plus. Du reste, je ne sauverai rien. Ni les sermons en voix off, ni les yeux de cocker de Lambert Wilson ou le discours didactique sur la différence entre l'islamisme intégriste et l'Islam. Rien. Pas même le dernier plan avec ce groupe d’otages qui s’éloigne dans la neige vers une mort certaine… hors champ. Une conclusion vue et revue qui se permet de traîner encore plus que le reste du film. Le calvaire prend fin avec quelques phrases du type que sont-ils devenus ? A Cannes, l'après est encore pire. Entre les Bravo et la salle qui se lève et applaudit avant d'aller au restaurant, on se dit que c'est bien classique, mais surtout affligeant.


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