Sound Of Noise
L’officier de police Amadeus Warnebring est né dans une illustre famille de musiciens et, par malheur, il déteste la musique.
Sa vie bascule le jour où un groupe de musiciens déjantés –mené par
la belle et révoltée Sanna- décide d’exécuter une œuvre musicale
apocalyptique en utilisant la ville –ses bâtiments, ses installations,
son bruit incessant- comme instrument de musique… Leur art dévoyé
provoque chaos et désordre dans la cité. Warnebring s’engage alors à corps perdu dans la traque de ces «
musiciens en série ». Lorsqu’il réalise que la jeune femme qu’il aime
fait partie du gang qu’il pourchasse, Warnebring ne voit plus qu’une
solution: il doit entrer dans le monde qu’il a fui toute sa vie – le
monde terrifiant du rythme et de la musique.
En 2001, Johannes Stjärne Nilsson et Ola Simonsson lâchent une petite bombe sur le festival de Cannes. Leur court-métrage MUSIC FOR ONE APARTMENT AND SIX DRUMMERS (à voir ici) crée le buzz et encourage ce duo de percussionnistes suédois à se lancer dans la réalisation d’un long métrage dérivé. Mission accomplie. Presque 10 ans plus tard, ils reviennent sur la Croisette avec SOUND OF NOISE projeté dans le cadre de la Semaine de la Critique.
SOUND OF NOISE reprend acteurs et principe de SIX DRUMMERS et le film pourrait se positionner comme un prequel. Il raconte comment les 6 percussionnistes en sont arrivés à s’allier pour commettre leurs premiers attentats musicaux et comment un inspecteur allergique à la musique va surmonter son affliction par amour pour la délinquante en chef qu’il est supposé traquer. Le film est divisé en 4 chapitres qui sont autant d’actes d’un concert original, sorte de happening mélomane, ode à la rythmique et à l’harmonie des sons. Les musiciens extrémistes squattent et détournent lieux et matériaux pour créer de la musique en complète illégalité. Un trip sauvage qui se veut fun avant tout.
Les premiers morceaux sont particulièrement réussis. A commencer par la scène d’ouverture dans un van pris en chasse par la police (voir video ci-dessous) qui donne littéralement le tempo du film. Par la suite, le gang de musiciens en série envahit un bloc opératoire, puis une banque avec l’attitude et l’attirail vestimentaire de braqueurs (Que personne ne bouge, ceci est un concert !). Musicalement, ces séquences sont de véritables perles d’inventivité et de trouvailles sonores. Sur son principe, le film est moins convaincant lorsque le gang utilise des outils trop disproportionnés qui impliquent un résultat entièrement fabriqué en post-production (le morceau produit à partir d’outils et de véhicules de chantier), mais l’humour omni-présent, la cocasserie des situations et le charisme des personnages rendent tous les excès sympathiques. En définitive, SOUND OF NOISE ne souffre pas de ces quelques écarts justifiés par son scénario.
L’histoire est minimaliste, mais elle suffit à consolider un film relativement court qui aurait pu très vite tomber dans un prétexte à la répétition de séquences à la SIX DRUMMER. Du déjà fait. Ce n’est pas tout à fait le cas et le troisième attentat (Fuck The Music. Kill! Kill! clin d’oeil à Russ Meyer) est d’ailleurs amené avec beaucoup de fraîcheur et d’intelligence. Par rapport au court, SOUND OF NOISE apporte réellement la dimension supplémentaire que l’on attend d’un long métrage. Drôle, sensible et foutrement bien cadencé tout du long, c’est un must pour les amateurs de Musique et au moins une curiosité notable pour les handicapés auditifs, ceux qui ne jurent que par les miaulements simplets d’un Stanislas ou les plaintes sodomites d’un Calogero.


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