The Housemaid

CANNES 2010 – SELECTION OFFICIELLE – Lee Euny est engagée comme gouvernante dans une riche maison bourgeoise.
Le mari de la famille, Hoon, la prend pour maîtresse. La vie de toute
la maison va alors basculer.

Dans une sélection cannoise plutôt triste, les quelques photos de The Housemaid avaient de quoi nous donner envie. Exit les cancéreux et autres gosses pissant dans leur lit, bonjour la jeune servante légèrement salope prête à sucer tout ce qui bouge. Remake du même nom du film de Kim Ki-young sorti en 1960, cette version 2010 n’hésite pas à agrémenter sa trame soapesque de quelques scènes de cul. Du moins pendant sa première partie… Car une fois passée l’éjac faciale, Im Sang-soo se prend les pieds dans le tapis en mettant de côté les qualités de son film au profit de ses défauts.

Par qualités j’entends notamment la lutte des classes qui fait rage pendant la première demi-heure (je n’ai rien contre les scènes de culs, mais bon, je n’ai pas encore le niveau de perversité de Dom). Poussée ici à son paroxysme, cette lutte illustre néanmoins les travers d’une société de plus en plus divisée et individualiste. Si Im Sang-soo force le trait jusqu’à verser dans la parodie (la servante à genoux, dominée par son employeur et sa queue, le tout filmé en contre plongée afin d’accentuer sa puissance), l’idée reste malgré tout bienvenue puisqu’elle apporte un peu de contenu à l’ensemble.

C’est donc dans la seconde partie que le bât blesse. Les scènes involontairement drôles et caricaturales s’enchainent avec à ma gauche, les méchants qui chuchotent des plans machiavéliques et à ma droite, les gentils qui en font les frais. Si l’énorme demeure, théâtre de tous ces enfantillages, reste sublimement mise en image, elle donne également lieu à des scènes  ridicules à en faire rougir Aaron Spelling. Ca se pousse dans les escaliers, ça se (sus)pend au lustre, ça tache de sang une salle de bain blanche comme un touriste allemand. Bref, cet amoncellement de clichés fatigue et nous renvoie à notre triste sort de journaliste couvrant le festival : bouger dans tous les sens afin de trouver une façon plus ou moins confortable de somnoler.

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