BIFFF 2011 – Super

Et si un monsieur Tout-le-Monde se transformait en vrai super héros afin de botter le cul de toute la racaille de la terre? L’idée n’est pas nouvelle et Hollywood le sait. À tel point que les films de “super héros de l’ordinaire” sont aujourd’hui devenus monnaie courante, aux côtés des adaptations de comics, des films basés sur des attractions Disney et autres cibles faciles pour scénaristes en manque d’imagination. Le petit nouveau est donc Super, de James “Troma” Gunn. Fraichement sorti de ses P.G Porn et Slither, le réalisateur nous offre lui aussi une variation sur le même thème, à placer aux côtés de Kick Ass, Defendor ou Special.

Comme tout dans bon film du genre, c’est la raison qui pousse le héros à devenir super héros qui permet de différencier le film de la masse. Là où Special et Defendor voyaient leur héros devenir super par folie et Kick Ass par le web et l’ennui, Super se penche sur un pauvre mec (tiens, tiens) qui voit sa copine se jeter dans les bras d’un dealer de drogue. Autrement dit, le point de départ est le plus faible des quatre films, mais cela n’empêche pas James Gunn de se démarquer de différente façon.

La première est logique quand on connait le gars: Super nous met face à une violence intense. Crimson Bolt, le super héros imaginé par Rainn “The Office” Wilson n’y va pas par quatre chemins quand il s’agit de fracasser du crâne. Jetez vos pistolets à rayons x et autres gadgets futiles : rien ne remplacera l’impact d’une clé anglaise pile entre les yeux. Que les gadgetophiles se rassurent, quelques petites trouvailles bien senties sont néanmoins présentes pour permettre d’élargir le champ des possibilités dans le domaine du brisage de couilles.

Deuxièmement, Super est sans doute le plus adulte des quatre films. On est ici loin d’une quelconque douce folie ou de l’approche adolescente de Matthew Vaughn. Bien que caricaturaux, les personnages ne le sont pas à l’extrême, accentuant un côté réaliste qui faisait défauts aux trois autres films. Le dealer de drogue interprété par Kevin Bacon est à mille lieues du truand de Kick Ass et ça se sent. La scène où Bacon vient gouter les crêpes de Rainn Wilson le prouve, il existe entre les deux une tension qui ne se résoudra pas à coup de jetpack. Il en va de même pendant une scène malsaine entre Rainn Wilson et son Robin à lui interprété par Ellen Page.

Pourtant, Super peine très vite à décoller. Le film, par ailleurs relativement court (96 Minutes), accuse plusieurs coups de mous et les rares bonnes idées qui le parsèment n’arrivent pas à réveiller notre intérêt. Dommage, le casting étant excellent (Ellen Page mise à part, qui ne fait qu’hurler dans chacune de ses scènes) et certaines scènes valent vraiment le détour (à commencer par le générique, à l’opposé de l’ambiance du film). Moins fun que Kick Ass, dernière réussite en date, Super n’est pas totalement un coup dans l’eau même déçoit malgré tout.

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