Venise 2011 – Contagion

Avec Contagion, Steven Soderbergh raconte une histoire d’épidémie virale mortelle avec des scientifiques, une théorie du complot, des projections chiffrées qui font flipper, des singes de laboratoire et des gens très cons qui n’écoutent pas les consignes de sécurité. Pas franchement le sujet du siècle, mais l’approche est super réaliste nous dit-on, un peu comme dans la série Regenesis (qui a révélé Ellen Page). De quoi nous changer un peu des métaphores du genre pleines de Zombioches ou des expérimentations foireuses à la Blindness. C’est probablement la récente alerte H1N1 qui a donné cette idée au réalisateur de Ocean’s Eleven et comme une brochette de stars bien faisandée était partante pour le projet, il a ajouté ce nouveau genre — un de plus — à une filmographie encore plus arc-en-ciel que le drapeau pédé.

Après un montage sur tapis sonore plutôt convaincant, le film se met directement à patiner dans des machins vus 100 fois. Matt Damon a remis son vilain pull de Hereafter et il est plus mou et gras que jamais. Lawrence Fishburne est doublement gras et Kate Winslet est venue engraisser un compte en banque qui semble avoir très faim en ce moment. L’actrice, réputée rare, présentait pas moins de 3 films rien qu’à la 68e Mostra de Venise.

Trop d’acteurs connus bourrés dans un film de durée normale, ça ne laisse pas énormément de temps aux développements des personnages. L’effet est bizarre. On a l’impression que c’est vraiment Marion Cotillard qui se fait enlever par des chinois (si seulement ça pouvait être réaliste ça…) et que Gwyneth Paltrow est une vilaine poseuse de cornes, ce qui est sûrement vrai. Pour Soderbergh, les stars sont justement là pour permettre un attachement plus rapide aux personnages. Le résultat n’est pas très au point et il doit le savoir, sinon il ne passerait pas par cette scène d’autopsie en filmant le crâne ouvert de Gwyneth Paltrow avec une gratuité qui ne peut relever que du clin d’oeil humoristique. Jude Law a un peu plus le temps d’installer sa caricature de Julian Assange, mais le discours du réalisateur sur le web laisse à désirer. « Blogging is not writing. It’s grafittis with punctuation ». Cette réplique a été applaudie par la veille presse pourrissante qui incruste leur mépris pour les nouveaux médias jusque dans les sièges des visions de presse. En sortant, ces journaleux se tapaient encore sur les cuisses en revenant dessus et on sent que c’est exactement l’effet «comique» que recherchait son auteur.

Soderbergh serait-il devenu un vieux con ? La pirouette finale, par son auto suffisance, n’est malheureusement pas très rassurante. Contagion reste un divertissement de bonne tenue, classique et consommable sans plus. Finalement, le seul aspect vraiment réaliste du film, c’est qu’on en arrive à se demander ce que nous ferions si une situation similaire devait se produire. Si c’est ça le réalisme au cinéma, va falloir changer Alien, 2012 et peut être même Chérie j’ai rétrécis les gosses de catégorie.

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Eva
8 September 2011
Shame
7 September 2011
Alpis
3 September 2011
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