Deauville 2011 – Trust
Trust marque le retour de David Schwimmer derrière la camera. Après Run, Fatboy, Run, l’ex Ross Geller s’aventure vers une histoire plus sombre, loin de la légèreté de son premier long. Dans Trust, il est en effet question de viol et de prédateurs sexuels sévissant sur internet. Le sujet, quelque peu touchy, est aussi un sujet casse-gueule. Le viol n’est pas un thème simple et si on y ajoute l’aspect internet, l’ensemble peut vite se révéler ringard et moralisateur. Heureusement, Schwimmer évite de tomber dans les pièges que lui tend son sujet. Il faut dire que depuis quelques années déjà, l’acteur/réalisateur fait partie de la Rape Foundation, agissant auprès de victimes (jeunes et moins jeunes) de sévices sexuels.
Peut-être est-ce pour cette raison qu’il préfère passer à côté d’une histoire de vengeance afin de privilégier une approche plus psychologique et plus proche de faits réels. Pas de Clive Owen flingue à la main donc, et pour une fois, ça nous change. D’autant plus que contrairement aux autres films abordant la même thématique, Trust place la fille de Clive Owen et Catherine Keener dans une position de victime certes, mais de victime inconsciente. Ainsi, Annie (Liana Liberato) développera une sorte de syndrome de Stockholm la poussant à défendre son agresseur. Les répercussions sur sont entourage, et en particulier son père, sont alors beaucoup plus intéressantes à observer. Comment surmonter le viol de sa fille, quand de surcroit celle-ci prétend être amoureuse du violeur?
Sans jamais faire fausse route, Trust tente de répondre à la question en écartant le plus possible la traditionnelle enquête policière qui cohabite souvent dans ce genre de film. Le FBI est évidemment présent, mais il est ici plus humain et représenté par un seul agent (Jason Clarke, qui se retrouve donc au générique de deux films en compétition à Deauville avec Yelling to the Sky). Pas d’hélicoptères, de traques téléphoniques et de courses poursuite au programme. Juste des personnages essayant de faire face à la dure vérité.
À vrai dire, mon seul reproche serait une certaine facilité du côté du personnage de Clive Owen. Directeur d’une agence de pub, Owen bosse pendant le film sur une campagne publicitaire pour une marque fictive, Academic Appeal (ou quelque chose dans le genre), copie conforme d’American Apparel. Évidemment, une fois sa fille violée, il se rend compte très vite que de laisser poser des ados à moitié nus pour des campagnes publicitaires, c’est légèrement malsain. Malheureusement, ce n’est pas là le propos du film et l’effet tombe un peu à plat.
Mais dans l’ensemble, Trust se révèle être une très bonne surprise, plutôt inattendu de la part de David Schwimmer. Et si les dernières images accompagnant le générique de fin risque d’en décevoir plus d’un, il suffit de garder en tête la dernière vraie scène, où Clive Owen et Liana Liberato échangent un dialogue criant de vérité.
























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