Laurence Anyways [Critique]

Trois films en quatre ans. Quand on entre seulement dans la vingtaine, ce n’est pas banal. Ça l’est encore moins quand ces trois films sont des réussites. Xavier Dolan agace autant qu’il fascine. Après J’ai Tué Ma Mère et Les Amours Imaginaires, le jeune réalisateur Québécois revient avec Laurence Anyways, un sommet de prétention d’une durée de 2h39.

Si la prétention peut être un défaut chez d’autres réalisateurs, elle est chez Dolan source de son imagination débordante. Il n’a peur de rien, pas même du ridicule, et le prouve plus d’une fois par des scènes filmées comme des tableaux vivants. Le ralenti, toujours bien présent dans ses films, est utilisé tout comme la musique comme un découpage naturel d’une histoire qui s’étale sur plus de 10 ans.

Laurence (Melvil Poupaud) est un homme qui s’habille en femme. Au détriment de sa copine, de ses parents et de tout son entourage. Entre Laurence et sa copine Fred, l’amour est impossible, et il faudra des années pour qu’ils s’en rendent compte. Une fois de plus, Xavier Dolan centre son histoire sur un vrai connard égoïste et ses envies sexuelles. S’il a préféré s’effacer derrière la caméra (malgré un caméo lors d’une des plus belle scène du film), la personnalité de Dolan est présente dans chaque dialogue, chaque plan. Et quand le tout est interprété par des des acteurs parfaits (mention spéciale à la bluffante Suzanne Clément), le résultat s’appelle Laurence Anyways et donne une fois de plus envie de voir ce que nous réserve la toute jeune carrière d’un réalisateur pas comme les autres.

Malgré quelques longueurs, Laurence Anyways est un film fort, soutenu par un joli casting et des scènes époustouflantes de beauté.

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