Hollywood Porn Stars: Satellites
Pour
Hollywood Porn Stars tout a été très
vite. Monté dans l'urgence afin de participer à un concours de jeunes talents
locaux (le fameux Concours Circuit) en 2002, le groupe le remporte haut la main
et sort dans la foulée un premier mini album, All on the S!x, qui
déménageait avec une classe rarement entendue chez un jeune groupe belge auparavant. C'est
avec beaucoup d'impatience et de curiosité qu'on avait attendu son premier
album, Year Of The Tiger, pour un résultat passablement décevant. L'urgence
et la fraîcheur du premier effort semblaient quelque peu entamées, comme
si le groupe était déjà essoufflé après ce premier sprint. Une impression qui
ne se confirmera jamais sur scène où la hargne des quatre Liégeois ne s'est
jamais démentie, leur permettant de devenir un des groupes phares de la scène
wallonne voire belge (en témoigne leur présence à deux reprises au Pukkelpop).
Difficile
de savoir à quoi s'attendre avec Satellites, surtout que leurs
leaders Redboy et Anthony Sinatra étaient repartis flirter du côté de leurs
premières amours, à savoir et respectivement : My Little Cheap Dictaphone et Piano
Club, projets qu'ils avaient mis quelque peu de côté suite au succès
(surprise?) de HPS. Ne ménageons pas le suspense : comme pour Year
Of The Tiger, on reste à nouveau sur notre faim. Tous les ingrédients
pour réussir étaient pourtant là : les Porn Stars se sont adjoints les
services de l'ingénieur du son et producteur John Goodmanson, connu pour ses collaborations avec des pointures
telles que Blonde Redhead, les Posies, Death Cab For Cutie ou encore Nada Surf.
Ils avaient aussi pris la décision d'enregistrer en conditions live aux réputés
studios Caraïbes à Bruxelles.
Sans
compter que ça démarre fort. Andy
ouvre l'album (et fait office de premier single) avec ses grosses guitares, sa section
rythmique de feu (le gros point fort du groupe depuis ses débuts) et ses accents
dandywarholiens prononcés. Un vrai
régal. Islands et The Fugitive et leurs basses
dévastatrices confirment le départ en fanfare, tandis que les plus sombres Young Girls et There's A God constituent les deux autres sommets de l'album. De
quoi se plaint-on alors, direz-vous?
D'abord des anodines balades, style Crimes
ou Perfect Storm, bande sons idéales pour
des gentilles séances de friction de duvet chez les adolescentes les plus
béatement romantiques et qui cassent complètement la dynamique de l'album. Les
voix non plus ne sont pas toujours raccord avec la musique. Trop pop chez
Sinatra (finalement plus adaptée à la musique de Piano Club) et bien trop
maniérée chez Redboy. Mais surtout, au fil des écoutes, un certain sentiment de
consensualisme se dégage de cet album dont tout risque ou audace semblent définitivement
absents.
Restent
un réel talent d'écriture et ce son à la
Hollywood directement identifiable. De même, quand les deux chanteurs
mêlent leurs voix, gommant ainsi leurs défauts respectifs, le résultat est
vraiment convaincant. On se réjouira donc de les retrouver sur scène, terrain de
jeu plus musclé où ceux-ci parviennent vraiment à faire opérer la magie.

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